"Helvetica", la série helvétique de France TV. Six épisodes d’une série sous haute tension; un passionnant polar politique et sociétal qui se déroule dans une Suisse moins lisse et moins neutre qu’elle en a l'air.

Flonia Kodheli, actrice dans "Helvetica" la première série politique de la Radio télévision suisse.
Flonia Kodheli, actrice dans "Helvetica" la première série politique de la Radio télévision suisse. © AFP / MEHMET KAMAN / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY

La police enquête sur un chef djihadiste refugié en suisse et qui pourrait être à la veille de reprendre du service. Pendant ce temps, au somment de l’État Kathy Kunz, la présidente de la Conférération, dans le but de faire libérer trois otages détenus au Yemen, s’apprête à collaborer avec des terroristes et leur céder un stock de bombes illégales. 

Une nébuleuse et explosive tractation de l’ombre dans laquelle va se retrouver impliquée, à son corps défendant, Tina, une anonyme femme de ménage du Palais Fédéral. Une femme transparente aux yeux de tous qui va devoir se battre pour survivre et protéger les siens tout en acceptant de jouer un jeu ô combien dangereux dont elle pourrait être à tout instant la première victime.

Ou comme le résume son créateur Romain Graf :

l’histoire d’une femme de ménage qui devient agent secret malgré elle »

Une série suisse qui a le bon goût de faire exploser les idées toutes faites et les à-priori

La Suisse n’est pas ce beau pays alpin propre et verdoyant. C’est une nation à trois langues, éclatée en termes de répartition du pouvoir, traversée par les inégalités sociales, l’immigration, l’ostracisme, la radicalisation religieuse et surtout la corruption en col blanc.

Un thriller hautement politique -la méchante est tout de même la cheffe du gouvernement- reposant sur une architecture très habile en termes de narration avec ce qu’il faut de chantages, manipulations et trahisons, y compris au sommet de l’État.

Avec au cœur de cette histoire, en première ligne comme dirait notre président, un personnage quasi invisible. Une femme de ménage. Celle que personne ne voit ou feint de ne pas voir qui va ici littéralement vider les poubelles de l’état et découvrir qu’elles sont pleines de secrets et tractations sordides.

Une série audacieuse par son sujet, haletante par son traitement scénaristique et pugnace dans sa mise en scène qui dénonce les hypocrisies de son pays et affirme que la neutralité et la probité, tant revendiquées par la Suisse, ne sont en réalité que des apparences trompeuses. Un peu reluisant envers du décor.

Le tout servi brûlant par une réalisation qui ne connaît aucun temps mort et articule avec souplesse et habilité tous les rouages fictionnels de cette histoire. Une horloge -oui il fallait bien que je cède à un mauvais cliché et à ces raccourcis pittoresques que j’affectionne tant- remarquablement huilée qui va vous happer dans la mécanique imparable de son compte à rebours.

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.