Aujourd'hui et jusqu'au 5 juin on regarde "L'Agent immobilier", nouvelle mini série d'Arte réjouissante avec Mathieu Amalric et Eddy Mitchell.

Eddy Mitchell, Mathieu Amalric à l'affiche de "L'agent immobilier" série sur Arte
Eddy Mitchell, Mathieu Amalric à l'affiche de "L'agent immobilier" série sur Arte © Les Films du Poisson

Avec L’agent immobilier, Arte prouve une fois encore que l’on peut faire de la série télé hors des standards et des codes habituels. Un feuilleton à la fois insolite et insolent qui sort des sentiers battus.

Olivier est un agent immobilier à la dérive. Depuis leur séparation, son ex femme ne veut  plus lui adresser la parole et sa fille ne croit pas un traître mot des nombreuses promesses qu’il ne tient jamais. Son agence périclite. Il est obligé de squatter les appartements qu’il est censé vendre sans grande conviction et son père, un alcoolique fier de l’être, sème le bordel dans la maison de retraite où son fils l’a placé. Et pour couronner le tout, il doit rembourser les dettes de son meilleur ami. 

Bref, dans le registre loi de l’emmerdement maximum, Olivier a tiré le gros lot lorsqu’il hérite de sa mère un immeuble situé dans Paris, il espère entrevoir une lueur d’espoir. De courte durée. L’immeuble est vétuste, putride et sous le point de s’écrouler. Exactement comme son existence. 

Il voudrait vendre l’édifice mais une vielle locatrice habitant au dernier étage compromet ses projets

Ajoutez à cela un SDF lui collant aux basques, un agent de bien israélien aux méthodes d’extorsions douteuses, un poisson rouge qui lui parle et des voyages dans le temps qui le ramènent dans les années 70 et vous obtenez une mini série fantastique, surréaliste et absurde pour le moins atypique. 

Une mini série drôle et inquiète qui interroge le sens du mot destinée et questionne la notion de paternité, portée par le style absurde, décalé et frappadingue de ses deux auteurs Etgar Keret et Shira Geffen.

Deux auteurs en couple à la ville comme à la scène, qui nous viennent d’Israël - et c’est peu dire que Israël est actuellement un haut lieu de la création télévisuelle – et réalisateurs en 2007 du déjà très réussi Les Méduses qui avait remporté la Caméra d’or au festival de Cannes. 

Outre leur ton acerbe et leur style visuel acide, ils possèdent un sens très aiguisé du casting

A l’affiche de cet Agent immobilier on retrouve avec une gourmandise infinie Eddy Mitchell dans le personnage du père, et dans celui du rôle titre, anti-héros hagard, parano et dépassé, le juste génial et époustouflant Mathieu Amalric. 

Pour finir, si vous tombez comme moi sous le charme de cet univers fantasmagorique et transgressif, un petit conseil littéraire. Les éditions de l’Olivier viennent juste de sortir le tout nouveau recueil de nouvelles d’Etgar Keret où l’on retrouve dans ces récits brefs et concis tout ce monde baroque et poétique. Autant de bonbons acidulés et savoureux à déguster sans modération.

Programmation musicale
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