"The Eddy", la série événement de huit épisodes disponible sur Netflix.

"The Eddy", la série événement de huit épisodes disponible sur Netflix.
"The Eddy", la série événement de huit épisodes disponible sur Netflix. © Lou Faulon

Sans doute une des séries les plus attendues de l’année, en tous cas survendue par Netflix, puisque réalisée du moins pour les deux premières épisodes par Damien Chazelle. Soit le jeune prodige franco-américain du cinéma, auteur entre autre de "Whiplash", de "First Man" épopée consacrée à Neil Armstrong et surtout de la comédie musicale "La La Land", écrasant succès au box office international et qui avait valu à son auteur de remporter six Oscars dont ceux du meilleur film musical et du meilleur réalisateur.

"The Eddy" était donc fait pour Damien Chazelle puisqu’il s’agit de l’histoire d’un club de jazz, baptisé The Eddy, situé en plein cœur Paris. Un haut lieu de la musique indépendante géré par Farid, interprété ici par Tahar Rahim, auquel le propriétaire du club, un afro américain vient rendre visite lorsqu’il apprend que leur club risque la faillite. Bien sûr Farid a emprunté de l’argent aux mauvaises personnes mettant ainsi en grave péril The Eddy.

Je me sens un peu seul ce matin car la presse est largement favorable à "The Eddy" et que pour fêter ce timide déconfinement, j’aurais adoré vous recommander sans réserve une série composé de jazz, de sueur, de sensualité cuivrée et d’un zeste de polar urbain. Mais hélas, les meilleures intentions ne font pas toujours ni les meilleurs films ni les meilleurs séries. Et pour moi "The Eddy" est une cruelle déception.

Tout débute avec un scénario signé pourtant par Jack Thorne, une grande plume de la série et du théâtre. On lui doit entre autre l’adaptation pour la scène de Harry Potter et l’enfant maudit et côté petit écran, il a signé l’excellente série de fantômes The Fades et A la croisée des mondes d’après les romans de Philip Pullman. 

Le souci c’est que le jazz et l’engagement passionnel de ses héros pour cette musique ne semblent guère le passionner. Du coup il tricote autour de tout cela une intrigue policière qui semble non seulement hors sujet et qui n’avance qu’à grand coup de rebondissements improbables. Son sens du réalisme social est assez discutable puisque bien que totalement fauchés – on nous le répète assez souvent – les protagonistes vivent dans des maisons et des appartements que je pourrai jamais m’offrir et prennent le taxi dès qu’ils ont besoin de se déplacer.

Plus dommageable, ses personnages sont souvent réduits à des archétypes en particulier la chanteuse du groupe, cliché de la jeune femme instable qui ne sait pas si elle doit continuer de sacrifier son talent avec son groupe de jazz ou tenter sa chance comme choriste après d’un chanteur grisonnant quelque part entre Michel Sardou et Benjamin Biolay, interprété ici par Tchéky Karyo.

Mais, me direz-vous, l’important dans une série comme celle–ci ce sont les numéros musicaux. En effet et ils sont nombreux. Des rustines un peu voyantes pour combler les trous béants de la dramaturgie mais qui ont le bon goût de faire entendre une musique envoûtante, rugueuse et sensorielle. 

Sauf que Damien Chazelle filme tout cela comme une transe, à l’épaule, à grands coups de mouvements pendulaires et que, s’il le pouvait, il nous ferait pénétrer dans le cornet pour plus d’hyper réalisme. C’est amusant au début mais au bout de trois épisodes c’est juste systématique et épuisant.

Bref vous l’aurez compris - pour ma très subjective part - "The Eddy" est une série clinquante mais qui n’est hélas pas exempte de nombreux couacs.

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