Tous les jours de 17h10 à 20h50 sur Paris Première, six épisodes de la série culte des années 70 "Les mystères de l'ouest" qui nous enchante de son mélange improbable de western et de fantastique.

Série télé "Les mystères de l’ouest" avec Ross Martin et Robert Conrad.
Série télé "Les mystères de l’ouest" avec Ross Martin et Robert Conrad. © AFP / BRUCE LANSBURY PRODUCTIONS / CBS / COLLECTION CHRISTOPHEL

Quatre saisons - dont la première en noir et blanc et sans doute grâce à cela, la meilleure - et près de 104 épisodes pour nous raconter les aventures mouvementées et inquiétantes de James West et d’Artemus Gordon, deux agents très secrets du président Ulysses S. Grant à la fin du 19ème siècle. 

Deux hommes prêts à tout pour faire respecter la loi et déjouer les plans nécessairement infâmes d’ennemis de l’ombre dont le célèbre docteur Miguelito Loveless, homme de petite taille mais grand esprit malfaisant. Un génie du crime capable de créer d’improbables machines meurtrières pour dominer les Etats-Unis.

Je me souviens dans les années 70, lorsque la série débarqua en France et qu’elle comptait parmi les programmes phares de l’émission Samedi est à vous produite par Guy Lux, m’être passionné pour ces scenarii rocambolesques, anachroniques et uniques en leur genre dans la production télévisuelle. 

Impossible d’oublier ce générique animé où l’on voyait un cow-boy entrer dans un bar, terrasser un ennemi invisible d’un coup de revolver avant que d’assommer d’un uppercut une jeune femme qui s’apprêtait à poignarder notre beau héros. Oui, le politiquement correct n’était pas encore passé par là. Les histoires faisaient trembler et rien que les titres nous promettaient quelques délicieux frissons. La nuit du lit qui tue, La nuit du détonateur humain, La nuit des barreaux de l’enfer, La nuit de la machine infernale ou encore La nuit de l’engin mystérieux. 

Tout cela faisait trépigner l’enfant de dix ans que j’étais

Mais tout se finissait bien et nos deux comparses remontaient ensemble dans le train qui leur servait de quartier général, qui sillonnait l’Amérique vers de nouvelles missions tout aussi périlleuses.

C’était il y a longtemps et j’ai à la fois vieilli et perdu en innocence. Car si la série mérite toujours autant d’être redécouverte, il n’est plus question de la regarder avec la naïveté d’autrefois. 

Comment expliquer aujourd’hui que deux hommes habitent ensemble ? 

Certes, il y a parfois une passagère mais elle est régulièrement débarquée à la gare suivante, laissant nos deux héros virils savourer leur intimité. 

Deux hommes vivant dans un train, symbole ô combien sexuel qui ne laisse guère de doutes quand à leur complicité sexuelle. Et que dire de cet Artemus Gordon qui, une fois tous les deux épisodes, se travestissait en femme, haussait le timbre de sa voix et semblait prendre un immense plaisir à cet exercice de travestissement en talons hauts. Gordon le premier drag queen de la télé ? Sans nul doute. 

Mais surtout comment interpréter la propension de James West à finir régulièrement attaché, pantalon ultra moulant et torse nu dans des positions limites SM ? 

C’est clair aujourd’hui, et l’on sait que son créateur était un homosexuel affranchi, Les Mystères de l‘Ouest est la toute première série crypto-gay. Une transgression audacieuse pour l’époque et plutôt gouleyante qui nous invite à la regarder désormais d’un autre œil plus coquin. Honni soit qui mal y pense.

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