Un petit village se trouve à proximité d'une machine nommée "The Loop" ("La Boucle"), dont la fonction est d'explorer les plus grands mystères de l'univers. Un récit fantastique, profond et poignant sur la condition humaine...Basé sur les peintures de l'artiste suédois Simon Stålenhag.

"Tales from the Loop" (saison 1) série de Nathaniel Halpern sur Amazon Prime Video
"Tales from the Loop" (saison 1) série de Nathaniel Halpern sur Amazon Prime Video © Jan Thijs

Une uchronie qui nous replonge dans les années 80. Une décennie à la fois très semblable à celle que nous avons connue, du moins pour les plus âgés d’entre nous, et en même temps très différente puisque marquée par les avancées technologiques et l’avènement de la robotique et de l’Intelligence artificielle.

Nous sommes dans un petit village du middle west américain à proximité d’une usine scientifique baptisée The Loop (La boucle) et dont la finalité est de percer les mystères de l’univers. Si de prime abord les épisodes – les contes pour reprendre l’expression du titre – semblent indépendants et bouclés, nous comprenons assez vite qu’en réalité ils sont tous liés entre eux. 

Car ces intrigues dessinent progressivement une magnifique trame narrative par le principe de croisements de personnages qui, de secondaires dans une intrigue voire simple figurants, vont devenir principales dans un autre épisode. Comme les pièces d’un puzzle qui, une fois assemblées dessineront au final un motif inattendu. Bouclant ainsi la boucle du titre.

Une petite fille cherche sa maman, deux ados échangent leur âme, un jeune homme solitaire se retrouve dans un univers parallèle confronté à la vie dont il a toujours rêvé… la série joue la carte des thèmes de la science fiction des années 70. C’est-à dire une SF humaniste, source de réflexion lucide sur la place de l’être humain dans le monde.

Scénarisée par Nathaniel Halpern, auteur de Legion série inspirée de l’univers Marvel et à mon sens la meilleure série de super-héros de tous les temps, 

Tales from the loop se caractérise par la beauté mélancolique et contemplative de son écriture. Une écriture posée, nullement frénétique qui fait la part belle aux silences et aux espaces vacants, espaces que remplit superbement la mise en scène au diapason de la tonalité inquiète et humaniste de la série. 

Une réalisation qui refuse le montage épileptique, privilégie de superbes panoramiques et de lents travellings maîtrisés qui vous saisissent par leur beauté et intensité et ne vous lâchent pas. 

A signaler d’ailleurs que le dernier épisode est signé par l’immense Jodie Foster raison de plus de se précipiter sur ce programme.

Et puisqu’il est question de contes, chacune porte sa propre morale. Pas une morale punitive ou donneuse de leçons, mais une morale introspective qui parle de nos dilemmes, des conséquences de nos choix, de nos peurs enfouies et de comment apprendre souvent dans la douleur à défier le temps, la mort et le déterminisme. 

Une peinture naturaliste, philosophique et fantastique de notre dimension mortelle qui ravira ceux et celles qui ont aimé au cinéma  ces grands classique que sont L’homme qui rétrécit, E.T. et l’inoubliable film d’animation Wall-e dont le réalisateur figure également au générique de cette série à nulle autre pareille.

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