Retour sur un véritable classique du genre célébré par les sériephiles les plus exigeants et diffusé depuis une semaine sur TMC du lundi au vendredi de 13h55 à 19h25. Soit donc une ration quotidienne d’au moins une dizaine de meurtres qui mettent à chaque fois la sagacité de ce célèbre détective belge en action.

Hercule Poirot (David Suchet) dans l'épisode  "L'Iris jaune" sur TMC.
Hercule Poirot (David Suchet) dans l'épisode "L'Iris jaune" sur TMC. © AFP / ITV PLC / GRANADA INTERNATIONAL / COLLECTION CHRISTOPHEL

Pourquoi recommander une série un peu pantouflarde et dont nous avons vu, au moins trois ou quatre fois, chacun des 70 épisodes produits en 1989 et 2013 ?

D’abord parce que Poirot est justement une gourmandise dont la saveur est à chaque fois intacte et renouvelée. Un bonbon doucereux que l'on retrouve avec un plaisir inaltéré. Et ce pour de multiples raisons. 

D’abord pour son interprète principal, l’excellent David Suchet qui pour se glisser dans la peau du rondouillard et très auto satisfait investigateur, a relu l’intégralité des romans d’Agatha Christie repérant au fil de ses lectures les soixante treize détails les plus marquants et les plus révélateurs de son modèle. 

Port du corps, démarche, habitude vestimentaire et même inflexion de voix, David Suchet est un Poirot plus vrai que nature: gourmand, sagace et agaçant. Et saluons au passage le doublage impeccable de Roger Carel qui est aussi pour beaucoup dans la réussite de la version française.

Revoir tout Poirot c’est aussi se replonger dans les quelques 70 romans et nouvelles dont il fut le héros, petites merveilles imparables de mécaniques de déduction, de coups de théâtre inattendus et de révélations spectaculaires. 

En particulier lors du quart d’heure final où Poirot convie tous les suspects pour leur expliquer le mode opératoire du génie du crime auquel il a été confronté avant de désigner le ou la coupable avec une généreuse dose de cabotinage. On a beau les connaître par cœur, les intrigues fonctionnent toujours impeccablement.

Mais la vraie raison de revoir l’intégralité de cette série, c’est de se rendre compte à quel point Agatha Christie était subversive et transgressive. Ceux qui ne connaissent rien à son œuvre la résument toujours d’un lapidaire : 

C’est le domestique qui a fait le coup ». 

Que nenni mon ami comme dirait Poirot

Chez Agatha Christie, la noblesse et la haute bourgeoisie n’ont besoin de personne d’étranger à leur caste pour s’occire entre eux. Les maris assassinent leurs épouses sans hésiter et les femmes mariées se débarrassent de leur cher et tendre sans faillir. 

Un portait en creux, cynique et critique, de la classe britannique dominante des années 20 et 30 dont Agatha Christie met en lumière aveuglante, derrière les ors des châteaux de familles et la bonne éducation, les hypocrisies les plus funestes et la décrépitude morale.

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