La série britannique en six épisodes "Meurtres à White House Farm" est disponible sur Polar + la chaîne du bouquet Canal spécialisée dans les séries et films policiers.Une seule question: qui a fait le coup?

Série "Meurtres à White House Farm" sur Polar +, saison 1
Série "Meurtres à White House Farm" sur Polar +, saison 1 © 2018 New Pictures, Independent Television (ITV), Raptor Films

Inspiré d’une histoire vraie, Meurtres à White House Farm revient sur un fait-divers particulièrement sanglant et un rien sordide au vu de sa résolution qui avait tenu en haleine et passionné les britanniques dans les années 80.

Nous sommes en pleine campagne anglaise dans le Sussex. Les cadavres des Bamber, couple sans histoire d’une soixantaine d’années, de leur fille et des jeunes deux enfants de celle-ci sont retrouvés dans une maison fermée de l’intérieur. 

Les victimes ont été exécutées à la carabine et les corps baignent dans leur sang. Très vite les soupçons et l’enquête s’orientent vers la seule solution plausible : c’est la fille, jeune femme instable et diagnostiquée schizophrène, qui a commis l’impensable : tuer ses parents et ses propres enfants. 

Mais au lendemain des funérailles, une cousine de la famille, spoliée de l’héritage, émet des doutes sur la culpabilité de sa cousine et désigne en revanche le fils des Bamber, jeune homme fort intéressé par l’argent laissé par ses parents et dont la peine, très exagérée devant les caméras de télévision, semble en revanche en privé toute relative. Un des policiers chargés de l’investigation, vieux briscard peu apprécié de sa hiérarchie, décide d’enquêter et va découvrir peu à peu des éléments qui pourraient s’avérer à charge contre le fils éploré.

C’est le point de départ de cette fiction qui, comme je vous l’ai dit précédemment, est calquée sur une fait divers et dont la résolution divise aujourd’hui encore les anglais. Mais si j’emploie le mot fiction pour désigner cette série où portant tout est avéré, c’est justement par que les éléments autorisés par la fiction et que sont l’ellipse, le hors champs ou encore l’interruption de séquence à un moment clé du récit entretiennent ici un suspense habilement élaboré par le scénariste Kris Mrksa. 

Sa manière aussi de caractériser les divers protagonistes, les empruntant à une réalité connue pour en faire des personnages à part entière, est particulièrement réussie. Son écriture ne se contente pas de reconstituer à l’identique le dossier pénal de cette affaire, elle continue d’en fouiller les nombreuses zones d’ombres. En particulier les nombreux antagonismes qui régissaient cette famille, les rancœurs enfouies comme les jalousies exacerbées. 

On oscille ici entre Conan Doyle et Georges Simenon. On pense au  premier pour cette enquête détaillée dans le moindre de ses indices parfois contradictoires. Et on songe au second pour cette peinture délicate et anxiogène de la psychologie des membres de cette famille. 

L’issue de cette histoire a beau être connue, la série vous prend dans l’étau de sa mécanique, vous laissant, six épisodes plus tard, face à autant de certitudes que de doutes. 

Simplement passionnante.

Programmation musicale
  • BENJAMIN BIOLAYComment est ta peine (radio edit)2020
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