Découvrons la série danoise "Bankerot" sur Arte.TV et le feuilleton virtuose du grand Rainer Werner Fassbinder : « BerlinAlexanderplatz » sur Arte.TV et en DVD chez Carlotta.

Bankerot disponible sur arte.tv

Un thriller glacé et tragiquement drôle que vous pourrez voir sans rien débourser sur le site de la chaine franco-allemande jusqu’au 30 novembre. Merci le service public.Bankerot sous titré Coups de feu en Cuisine c’est l’histoire de deux potes d’enfance qui vont tenter d’ouvrir un restaurant. Deux hommes qui ont tellement connu les vicissitudes et les coups bas du destin que même ce projet ils n’y croient plus. Mais ils décident pourtant de se battre.Il y a Thomas, trentenaire chétif et peu sûr de lui, sommelier émérite mais qui un jour a sombré dans l’alcoolisme et a vidé la cave dont il s’occupait. Pour ouvrir ce nouveau restaurant il décide de se tourner vers son géniteur, un champion toute catégorie de la toxicité paternelle.A ses côtés, sons contraire exacte. Dion, force de la nature, sûr de lui, un rien autoritaire, chef de talent mais qui un jour a incendié le restaurant dont il s’occupait. Résultat, des années de taule et surtout des dettes à haut risque puisque le restaurant appartenait à Petite Souris, un chef de la mafia local qui tire son nom de sa très discutable habitude de fracasser les dents de ses débiteurs.Entre les deux hommes, le fantôme d’une femme qu’ils ont aimé tous les deux et qui a eu le mauvais goût de mourir devant les yeux du fils qu’elle avait eu avec Thomas. Un enfant qui depuis n’a pas plus prononcé un mot. 

Bankerot est un petit précipité de polar sombre et d’humour mélancolique. Comme si Le Festin de Babette croisait la route de Ken Loach ou d’Aki Kaurismaki. Un mélange de genres savamment orchestré où chaque intrigue apporte ses émotions et compose un menu dramaturgie toute en ruptures. Au cocasse absurde répondent les rebondissements du polar, au thriller sardonique et décalé (surtout dans ses dialogues) répond une étude sociale des laissés pour compte du Danemark. La force de la série c’est de refuser le premier degré affligé et neurasthénique dans lequel elle aurait pu s’enfoncer. Elle est comme ses protagonistes, elle refuse l’apitoiement et se redresse grâce à de belles variations de ton. Les personnages ne sont pas de simples archétypes et possèdent une véritable étoffe narrative. Attachants ou crispants, ils existent et on suit leur cheminement avec tendresse.Bankerot c’est aussi une série sur la seconde chance, le droit à l’erreur et une superbe étude sur le poids du père dans nos existences et l’héritage souvent poisseux qu’il nous refile. Bref il y a du style, de la forme (la lumière travaillée entre ombre et lumière confère une pertinente facture à la mise en scène) et du fond. Un menu trois étoiles… 

"BerlinAlexanderplatz" et "Huit heures ne font pas un jour "sur Arte.TV 

Hommage à un cinéaste qui bien avant tout le monde avait décidé de travaillé pour la télévision… Je veux parler de Rainer Werner Fassbinder qui dans les années 70 a tenté plusieurs fois l’aventure du petit écran. Et avec excellence. Deux programmes sont disponibles pour s’en rendre compte. Tout d’abord son adaptation en quatorze épisodes de « BerlinAlexanderplatz » d’après le roman éponyme d’Alfred Döblin sur le rédemption impossible d’un ex-taulard dans le Berlin du début des troubles années 30. Un feuilleton virtuose disponible là encore gratuitement sur ArteTv et en DVD chez Carlotta. Carlotta toujours qui propose en VOD et DVD de redécouvrir une autre série du cinéaste allemand  Huit heures ne font pas un jour», saga familiale et prolétaire dans l’Allemagne des années 70. Une merveille absolue.    
 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.