Il y a 40 ans, en 1977, l’équipe de France de rugby remportait un Grand Chelem d’anthologie ! Flashback.

L'équipe de France de rugby de 1977 a réalisé le grand chelem dans le Tournoi des 5 nations.
L'équipe de France de rugby de 1977 a réalisé le grand chelem dans le Tournoi des 5 nations. © Getty / Elisabeth Andanson

Dire qu’en 1977, dans le XV de France ils étaient quinze, est une remarque digne d’être gravée sur le mur de la banalité… ou mieux, sur la palissade ! Pourtant, cette remarque est essentielle car c’est bien à quinze, cette année-là, que les rugbymans ont fait l’exploit, et vous allez comprendre pourquoi : voici une histoire qui compte, qui compte en base quinze !

Le tournoi des Cinq Nations

Il fut un temps, pas si lointain, où le tournoi des Six Nations se jouait à cinq et, comme nos aïeux avaient du bon sens, ils l’appelait « le tournoi des Cinq Nations » : la France, l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande.

À cinq, pour que chaque équipe puisse se rencontrer, il faut dix matchs, répartis en cinq journées. La première a lieu le 15 janvier 1977 : l’Écosse perd face à l’Angleterre et l’Irlande est écrasée par le Pays de Galles, qui avait gagné le tournoi l’année précédente. Qu’en est-il du XV de France ? Et bien il dispute son premier match vingt jours plus tard, 5 février 1977, justement face aux terribles diables rouges du Pays de Galles.

France VS Pays de Galles

Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France de rugby joue au parc des Princes, le tout nouveau stade de l’ouest parisien, et ils en furent les rois !

Le 5 février 1977, Giscard est président de la République et Barre à la barre.

Ce soir-là, la première chaîne de la télévision française s’apprête à diffuser une émission de Maritie et Gilbert Carpentier : NUMÉRO UN spécial Serge Lama. Rendez-vous compte : avec Serge dans la mêlée, il y a Michel Sardou et Alice Donna !

Mais surtout, ce 5 février 1977, sur Antenne 2, les Français écoutent Roger Couderc commenter le premier match du XV de France face au Pays de Galles : un tournoi des Cinq Nations palpitant !

Les Français marquent deux essais grâce à des Toulousains : le premier par Jean-Claude Skrela, le futur sélectionneur des Bleus, et le second par Dominique Harize. Ajoutez à cela une transformation et deux pénalités : c’est une victoire française, 16 à 9. Voilà un très bon signe pour la suite du tournoi !

L'équipe de France de rugby en 1977, par sa combativité, était surnommé "La horde sauvage"
L'équipe de France de rugby en 1977, par sa combativité, était surnommé "La horde sauvage" © AFP

La horde sauvage

Certains se souviennent, aujourd’hui encore, de l’hiver 1977, de cette équipe qui a fait rêver la France, mais ceux qui s’en souviennent le mieux sont sans doute leurs adversaires ! Graham Rice, le pilier du Pays Galles, déclare que, pour la première fois de sa carrière, avant le match, il avait entendu La Marseillaise « sachant qu’il allait s’en prendre plein la tronche pendant 80 minutes ».

Le 19 février, à Twickeman, la France continue ses exploits : elle bat l’Angleterre 4 à 3 : il s’en est fallu de peu mais le jeu musclé des Français leur offre un surnom : la horde sauvage !

Quelques jours plus tard, de nouveau au Parc des Princes, la France rencontre l’Écosse : le Quinze du Chardon se trouve sur des charbons ardents. La France gagne : pour le moment, se sont trois matchs et trois victoires.

Pour la France, le dernier match de ce tournoi des Cinq Nations a lieu le 19 mars 1977, face à l’Irlande. Est-il possible de contrer la ferveur française ? Non ! L’Irlande s’incline et la France fait le Grand Chelem : quatre matchs, quatre victoires !

Sublime Grand Chelem !

Comment expliquer un tel succès pour le rugby français en 1977 ? Déjà, les premières lignes du XV de France ont été renouvelées l’année précédente : Cholley, Imbernon, Palmiè ou encore Jean-Pierre Rive Seul reste le Biterrois Paco (pour ceux qui auraient un doute, Biterrois, c’est qu’il est de Béziers)…

Surtout, parmi les quinze, se trouve un capitaine qui sait mener ses hommes : Jacques Fouroux. C’est un homme de la famille des rouleaux-compresseurs, dans son jeu et dans ses choix : ils sont entrés à quinze et ils resteront à quinze, les quinze mêmes tout au long du tournoi ! Fouroux, le demi de mêlée est surnommé « le petit caporal » et il montre l’exemple à ses grognards : le visage en sang, c’est contre l’avis des médecins et avec du coton dans les narines qu’il reste sur le terrain.

Le 5 mars 1977, Jacques Fouroux, capitaine de l'équipe de France de rugby, après la victoire contre l'Ecosse sur la pelouse du Parc des Princes à Paris lors du tournoi des Cinq Nations qui verra cette année-là la France réaliser le Grand Chelem
Le 5 mars 1977, Jacques Fouroux, capitaine de l'équipe de France de rugby, après la victoire contre l'Ecosse sur la pelouse du Parc des Princes à Paris lors du tournoi des Cinq Nations qui verra cette année-là la France réaliser le Grand Chelem © AFP / STF

En 1977, le XV de France remporte le Grand Chelem, mais pas de n’importe quelle manière : sans encaisser un seul essai pendant les quatre rencontres, et avec les mêmes joueurs du début à la fin du tournoi. Du jamais vu et du jamais revu !

Ainsi, aujourd’hui encore, on chante leurs exploits : Ils partirent à quinze, et sans aucun renfort, ils arrivèrent à quinze sans prendre un seul essai ! Sublime Grand Chelem !

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Quelques images de cette équipe de France 1977

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