Du 5 au 12 mars 2017 se dispute le Paris-Nice, une course vers le soleil ! Mille deux cents kilomètres qu’il va falloir parcourir en six jours.

Paris Nice
Paris Nice © Getty

Départ porte d’Italie, au Sud de Paris… Prenez l’A7, l’autoroute du Soleil, jusqu’à Villeneuve-Loubet – attention au radar – puis direction Nice et arrivée place Masséna ! Voilà, c’est fait, c’est le Paris-Nice !

Courses cyclistes et patrons de la presse

« Les plus célèbres champions cyclistes participeront à notre Paris-Nice », la course au Soleil ! Voilà ce que les lecteurs peuvent lire en une du Petit Journal, le 3 mars 1933.

« Notre Paris-Nice » : l’expression n’est pas usurpée. C’est bien de la volonté du directeur du Petit Journal, Albert Lejeune, qu’est né cette course, « la plus jeune des grandes épreuves cyclistes ».

Les plus célèbres compétitions vélocipédiques sont souvent nées par de patrons de presse à la recherche d’un événement à couvrir, dans le but de vendre du papier. Trente ans plus tôt, le journal L’Auto d’Henri Desgrange avait créé le Tour de France, la Grande Boucle… Mais déjà en 1891, Le Petit Journal avait créé le Paris-Brest et voici donc le Paris-Nice, une course en six étapes, destinée au « Gotha de la pédale », comme l’écrit le Petit Journal.

Mille deux cents kilomètres qu’il va falloir parcourir en six jours. Un autre journal participe à la création de la course, le Petit Niçois… et devinez qui en est le directeur ? C’est aussi Albert Lejeune, le directeur du Petit Journal ! Paris-Nice, de la réclame pour deux journaux !

Cinquième course cycliste "Paris-Nice" avec les portraits d'Alphonse Schepers, Gaston Rebry, Rene Vietto, Maurice Archambaud
Cinquième course cycliste "Paris-Nice" avec les portraits d'Alphonse Schepers, Gaston Rebry, Rene Vietto, Maurice Archambaud © AFP / Leemage

Une première course pendant les prémices de la Seconde Guerre mondiale

Le 3 mars 1933, quand Le Petit Journal annonce la naissance du Paris-Nice, les autres actualités concernent les élections en Allemagne : le parti d’Adolf Hitler semble bien placé. Le 20 mars 1933, quand Le Petit Journal annonce la victoire du Belge Alphons Schepers sur la Paris-Nice, juste à côté il y a une article qui pose la question : la France veut-elle d’un dictateur, comme Mussolini en Italie ou Hitler en Allemagne ?… sympa l’ambiance !

Les Français observent avec crainte ou surprise leurs voisins mais, toujours traumatisés par la Première Guerre mondiale, ils profitent de la vie. C’est sans doute pour cela qu’ils sont cinquante mille spectateurs à applaudir l’arrivée de la première Course du Soleil.

Année après année, la course se poursuit, jusqu’en 1940, quand éclate la Seconde Guerre mondiale. Cette fois, l’actualité interdit le divertissement. Pendant l’occupation, Albert Lejeune, le fondateur du Paris-Nice, met ses journaux au service de la collaboration. Mauvaise idée : condamné à mort à la Libération, il est fusillé en 1945.

Après 1945

Après la Seconde Guerre mondiale, la course est de nouveau courue, en 1946. Succès mitigé. Il faut attendre 1951 pour que réellement le Paris-Nice renaisse, cette fois sous l’impulsion d’un authentique Niçois : Jean Médecin. Maire de Nice et président du Conseil général des Alpes-Maritimes, il veut cette course pour mettre en valeur sa ville !

La Course du Soleil prend définitivement le nom que nous lui donnons aujourd’hui : le Paris-Nice.

Dans cet après-guerre plein d’espoir, la Côte d’Azur fait rêver : c’est là que viennent les stars américaines et que Bardot se fait bronzer. Le Paris-Nice est la route des vacances, comme le chante Charles Trenet en 1955 :

Nationale Sept, il faut la prendre qu’on aille à Rome à Sète, que l’on soit deux trois quatre cinq six ou sept, c’est une route qui fait recette

Les héros du Paris-Nice

Toute course a ses héros. Pour le Paris-Nice, ils s’appellent Louison Bobet, Eddy Merckx ou encore Jacques Anquetil, avec cinq victoires et six podiums.

Toutes course a ses légendes. L’affrontement Anquetil-Poulidor, en 1966, a marqué les esprits ! Les exploits de l’Irlandais, Sean Kelly aussi : dans les années 1980, il a remporté sept victoires, sept années consécutives.

Une course populaire, comme l’avait déjà perçu le Petit Journal en 1933 :

Puissent, aux côtés du long ruban des routes, les amis du sport se trouver en foule, soulignant de leurs vivats le plus beau des efforts

… celui du Paris-Nice !

Le Français Raymond Poulidor fournit son effort, le 05 juillet 1966 à Vals-les-Bains, lors de la 2ème demi étape de la 14ème étape du Tour de France, un contre la montre en circuit qu'il remporte en battant son compatriote Jacques Anquetil de 7 seco
Le Français Raymond Poulidor fournit son effort, le 05 juillet 1966 à Vals-les-Bains, lors de la 2ème demi étape de la 14ème étape du Tour de France, un contre la montre en circuit qu'il remporte en battant son compatriote Jacques Anquetil de 7 seco © AFP
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