Pendant la campagne présidentielle aux USA, chaque candidat était entouré de sportifs : LeBron James et Carl Lewis pour Hillary ; Mike Tyson et Dennis Rodman pour Trump…

Discours de LeBron James lors d'un rassemblement de campagne à l'auditorium public de Cleveland le 6 novembre 2016 à Cleveland, Ohio. Derrière lui, la candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton
Discours de LeBron James lors d'un rassemblement de campagne à l'auditorium public de Cleveland le 6 novembre 2016 à Cleveland, Ohio. Derrière lui, la candidate démocrate à la présidence américaine Hillary Clinton © AFP / JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Nous savons désormais que le 45e président des États-Unis est Donald Trump, qu’il est difficile d’imaginer en grand sportif. Pourtant, à la Maison-Blanche, les présidents aiment se dépenser et transpirer !

Quand il est question de la pratique sportive de nos dirigeants, il est d’usage de brandir une saillie de Winston Churchill à qui l’on demandait le secret de son excellente santé. Le Vieux Lion répondit : Sport ! No sport ! Le sport ! Pas de sport ! Sûr qu’aucun président des États-Unis ne se serait risqué à une telle audace !

Les premiers présidents des États-Unis étaient-ils de grands sportifs ? Washington, Adams, Jefferson, Madison ? À la fin du XVIIIe siècle, ils ont été les champions de la démocratie dans un monde où le sport n’existait pas encore. Leurs activités physiques étaient celles des hommes de leur temps et de leur classe sociale : de l’équitation et de la marche pour parcourir leur vaste domaine. Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXe siècle que le sport s’impose comme une évidence, nous dirions comme un phénomène de société… mais cela ne suffit pas pour transformer les présidents en sportifs : Abraham Lincoln, avec ses 1 mètres 93, n’est pas un basketteur : il se contente d’être un champion de la lutte contre l’esclavage ! Ce n’est déjà pas mal…

C’est au début du XXe siècle, en 1901 précisément, que les Américains élisent un président qui est aussi un authentique sportif : Theodore Roosevelt ! Ce 26e président est jeune quand il est élu : il a 42 ans. Il a déjà goûté aux plaisirs du grand air en sillonnant le pays à cheval : Theodore Roosevelt est un président cavalier ! Il s’adonne aussi à l’alpinisme et à la boxe. Quand il faut ramer, et bien il rame… il chasse, il pêche… et, rendez vous compte, il fait aussi du tennis, de la lutte et du ju-jitsu ! Theodore Roosevelt agit de toute son influence pour donner des règles au football – pas le soccer, non, le foot américain – ce sport constitutif d’une nation en train de se construire. Theodore Roosevelt est un sportif accompli, à ne pas confondre avec l’autre Roosevelt, lui aussi président et lui aussi sportif, mais plutôt handisport !

La grande majorité des présidents des États-Unis sont des sportifs ! Soit ils le sont vraiment, avec plus ou moins de talent, soit ils se montrent intéressés par le sport, avec plus ou moins de sincérité. Déjà, tous ont pratiqué un sport pendant leurs études : la formation des élites oblige à se bouger le corps autant que la tête ! Le président Ford, par exemple, était déjà un grand sportif avant d’être élu. À l’Université du Michigan, son équipe avait deux fois remporté le championnat universitaire. Une carrière de professionnel lui avait même été proposée… il a choisi la politique ! Ronald Reagan, lui, pratiquait la natation, le foot et le basket mais c’est comme commentateur sportif à la radio qu’il a fait ses débuts : Jacques Vendroux, président !

La Maison-Blanche est un gymnase. C’est dommage que le président Taft, avec ses 148 kilos, n’en ait pas profité : de 1909 à 1913, ça lui aurait fait le plus grand bien ! Depuis plus d’un siècle, la Maison-Blanche est équipée d’un terrain de tennis, d’un green de golf et d’une piste de bowling. Le jardin est idéal pour courir. Et depuis Franklin Delano Roosevelt, obligé de se déplacer en fauteuil roulant, une piscine a même été construite. Un président sportif est un président qui rassure car il se montre en bonne santé… Et quand il se dit intéressé par la culture sportive, il se montre proche des préoccupations de ses concitoyens. Attention cependant à bien utiliser le sport : en octobre 1930, le président Hoover demande le report de la diffusion radiophonique d’un de ses discours : il ne veut pas concurrence un match de baseball qui doit avoir lieu au même moment : c’est la crise et il faut distraire le peuple ! Un an plus tard, quand il assiste au match d’ouverture du championnat de baseball, une tradition à laquelle se plient tous les présidents, les supporters se souviennent qu’il n’a encore supprimé la prohibition. Ils le sifflent et crient : we want beer ! (Nous voulons de la bière !)

Ainsi, nous verrons comment sera accueilli Donald Trump, piètre sportif mais propriétaire de plusieurs parcours de golf… Car en sport, comme en démocratie, il est difficile de tromper très longtemps !

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