Le passage de relais présidentiel a eu lieu, l’occasion de revenir sur les liens historiques entre le sport, la République et ses présidents...

Le Général Charles De Gaulle salue les joueurs de l'équipe de Sochaux lors de la finale de la Coupe de France au stade de Combes, le 03 mai 1959. Cette rencontre s'étant terminée par un match nul, les équipes rejoueront le 18 mai 1959 avec une victoi
Le Général Charles De Gaulle salue les joueurs de l'équipe de Sochaux lors de la finale de la Coupe de France au stade de Combes, le 03 mai 1959. Cette rencontre s'étant terminée par un match nul, les équipes rejoueront le 18 mai 1959 avec une victoi © AFP / STAFF

Dans la république française, le président est un homme d’action ! D’accord. Pourtant est-il un sportif ? On n’imagine mal le général de Gaulle en maillot de bain et Georges Pompidou en débardeur lycra !

Renforcer le corps des jeunes gens grâce à la gymnastique, voilà une idée révolutionnaire. Justement, elle apparaît à l’Assemblée sous la révolution française. Ainsi, en juillet 1793, Robespierre propose un projet d’instruction publique : l’objet de l’éducation nationale sera de fortifier le corps des enfants et de le développer par des exercices de gymnastiques : Ah ça ira, ça ira, ça ira jusqu’à la salle de gym !

L’activité physique semble déjà la compagne indispensable à la formation des esprits mais, au 19e siècle, la gymnastique arrive toujours après les humanités. Ce n’est que sous le Second Empire, en 1869, que le ministre de l’Instruction publique, Victor Duruy, adopte un décret qui fait de la gymnastique une discipline scolaire obligatoire dans le secondaire. Oui, avant même la République, ça y est, les jeunes Français font du sport.

Le Second Empire se termine mal, son Waterloo s’appelle Sedan, en septembre 1870. L’empereur Napoléon III est prisonnier et le 4 septembre, la IIIe République est proclamée. Étonnement, voilà qui va intensifier les relations entre le sport et la politique !

La défaite contre l’Allemagne et la perte de l’Alsace-Lorraine sont des traumatismes qu’il faut réparer : la gymnastique, ça sert à faire la guerre et à préparer la revanche, d’autant dans ce domaine, les Allemands sont en avance…

Ainsi, la société havraise de gymnastique adopte comme devise Pro Patria, pour la patrie, et choisit comme symboles des fusils et des canons ! L’Union des sociétés de gymnastiques de France est fondée en 1873 et, sept ans plus tard, son président est un député : il s’appelle Félix Faure, c’est lui qui est élu président de la République en 1895.

C’est donc un fin connaisseur des sportifs qui entre à l’Élysée, mais qui en sort précocement : Félix Faure, vous savez, est le président qui meurt dans les bras de sa maîtresse, Margueritte Steinheil, celle qu’on surnomme la pompe funèbre. C’est le cœur qui a lâché : Félix Faure aurait dû faire plus de sport… au moins des pompes !

Sous la IIIe République, les présidents ont l’habitude d’assister aux fêtes fédérales de l’Union des sociétés de gymnastiques. Ces manifestations magnifient le sentiment national, le patriotisme et la vigueur des citoyens. Que voit-on dans ces fêtes ? Essentiellement des hommes qui s’adonnent à la gymnastique bien sûr, mais aussi à la natation ou qui font des pyramides humaines, et il y a du tir bien sûr.

Ces fêtes sont un passage obligé pour les présidents de la République : Sadi Carnot, Félix Faure, Émile Loubet, Armand Fallières, tous y assistent, pas systématiquement c’est vrai, mais désormais et à jamais, le sport est un objet politique !

Qu’en est-il de la pratique sportive des présidents de la Ve République ? Pour le général De Gaulle, c’est plutôt tranquilou… Le sport ne lui est pas indifférent mais en spectateur, quand le tour de France s’arrête à Colombey-les-Deux-Églises, pour lui dire bonjour en 1960. Georges Pompidou non plus n’apparaît pas comme un président sportif. Ah si, sa passion pour l’automobile et les courses de vitesse.

Giscard d’Estaing, lui, se démarque de ses prédécesseurs. Chasse, ski, tennis, il utilise sa pratique sportive comme outil de communication et s’expose volontiers en short, une raquette à la main. François Mitterrand est peu sportif, mais un peu quand même : du golf et une randonnée annuelle sur la Roche de Solutré. Jacques Chirac, nous le savons, est un passionné de sumo même s'il n'en a pas la carrure. C’est surtout son successeur qui se fait remarquer : jogging, cyclisme, jogging, jogging, cyclisme : le sport est constitutif de l’image d’un président hyperactif que veut se donner Nicolas Sarkozy, la sueur en prime. Avec François Hollande, c’est le retour à la normale, au sport peinard et à la passion authentique pour le football.

Alors, quel sport aura la faveur d’Emmanuel Macron ? La marche sans aucun doute ! Ah, les bienfaits de l’endurance. Reste à savoir si elle sera athlétique ou harassante !

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