En écho aux Arts Martiaux Mixtes contemporains (MMA), voici le pancrace, un sport antique et violent, avec son champion, Polydamas de Scotussa !

Polydamas, champion des Jeux olympiques de pancrace en -408, à la force et aux exploits tels qu'on le compara à Hercule, le demi-dieux grec légendaire
Polydamas, champion des Jeux olympiques de pancrace en -408, à la force et aux exploits tels qu'on le compara à Hercule, le demi-dieux grec légendaire © Getty / KenWiedemann

Avant tout, qu’est-ce que le pancrace ? Il s’agit d’un combat sportif qui allie la lutte et le pugilat. Dans le pancrace antique, les adversaires se battent les poings nus et toutes les prises sont permises. Oui, le pancrace, c’est la baston sportive !

Polydamas, champion de pancrace

Dans la Grèce antique, sur cette terre bénie des dieux, aux temps des sages philosophes marmoréens, on aime la castagne, l’embrouille et la marave : la stomba ! Et parmi tous les champions de la baston, enfin du pancrace, se distingue Polydamas. Il est né à la fin du VIe siècle avant notre ère, dans la cité de Scotussa, en Thessalie, au centre de la Grèce, là où se situe le mont Olympe, le séjour des dieux.

Polydamas de Scotussa, c’est du solide : un géant, sans doute plus de deux mètres ! Il est « l’homme de la plus haute stature qu’on ait vu depuis le temps des héros », rapporte l’écrivain grec Pausanias, au IIe siècle de notre ère. Il est grand et costaud : donc autant rester poli face à Monsieur Polydamas !

En 408 avant Jésus-Christ, Polydamas participe aux Jeux olympiques, et il devient champion de pancrace. Il entre dans la légende ! Ses adversaires, eux, sont entrés dans les plus oublis de l’histoire et sans doute aussi à l’hôpital…

Scène de pancrace : le lutteur de droite essaie de crever l'œil de son adversaire ; l'arbitre intervient avec un fouet pour sanctionner la faute. Détail d'un kylix attique à figures rouges
Scène de pancrace : le lutteur de droite essaie de crever l'œil de son adversaire ; l'arbitre intervient avec un fouet pour sanctionner la faute. Détail d'un kylix attique à figures rouges © Domaine public

Polydamas, le Hercule du IIe siècle avant notre ère

Les Grecs comparent Polydamas à Héraclès, Hercule, la figure mythologique du héros doué d’une force exceptionnelle. D’ailleurs, au cours de sa vie, Polydamas réalise des exploits herculéens.

Alors qu’il se trouve près du mont Olympe, il rencontre unlion, grand et vigoureux. Oui, ces bestioles à crinières habitaient encore en Europe ! Polydamas n’a pas d’arme, sinon ses poings. Là où toute personne sensée voudrait être champion de course à pied, lui se jette sur la bête ! Vous devinez ce qu’il arriva : ce fut le champion qui gagna ! Dans l’Olympe, terrible Olympe, le lion est mort ce soir… tué par Polydamas, à l’instar de son idole Hercule qui s’était déchaîné sur le lion de Némée !

Pour garantir votre espérance de vie, c’est bien connu, face à un taureau, il faut éviter d’agiter un tissu rouge. À l’inverse, pour le taureau, le mieux est de ne pas rencontrer Polydamas ! Alors qu’il se promène à travers champ, le champion saisit le plus grand et le plus farouche des taureaux, et le tenant par la corne, ne le lâche pas. Le taureau emploie toutes ses forces pour se dégager, en vain… et il perd sa corne. Ainsi, avec Polydamas, il pleut des coups à décorner les vaches !

Sa réputation dépasse les limites du monde grec : en Mésopotamie, Darius entend parler de ses exploits. Il envoie ses sbires trouver le champion pour le convier à Suse, la capitale de l’Empire perse. Un bel accueil lui est réservé : trois Perses, parmi les plus forts, l’attendent, de pieds et de poings fermes ! Les trois se jettent sur Polydamas. Tel un dieu, il tue les Perses à mains nues.

Donc pour citer Paul Valéry :

Dieu a tout fait de rien, mais le rien perce.

Même s’il est capable d’arrêter d’une seule main un char tiré par des chevaux, Polydamas n’est pas considéré par les Grecs comme un gros bourrin. Le pancrace est un sport pratiqué aux Jeux Olympiques, donc en l’honneur des dieux. D’ailleurs, à Olympe, il a fallu mettre la statue de Polydamas sur un piédestal très élevé de façon à pourvoir sculpter ou inscrire sur le socle tous ses exploits.

Une mort insolite

Un jour de grande chaleur, il s’abrite dans une caverne avec quelques compagnons. La voûte de la grotte menace de s’effondrer : tous fuient sauf Polydamas qui se dit qu’il va pouvoir retenir la roche.

Bon, ben il meurt écrasé mais il n’est pas oublié : au moment de comparer les avantages du juste et du fort, Platon rapporte les paroles de Socrate qui prend Polydamas pour exemple… Mais laissons la conclusion à Diodore de Sicile, au Ier siècle avant notre ère :

Polydamas le Thessalien, écrasé par un rocher, est un exemple évident combien il est trompeur d’avoir une grande force de corps et un petit jugement !

V’lan, pancrace dans ta face !

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