Dans les années 70, une étrange épidémie de douleurs articulaires se déclenche dans le comté de LYME aux Etats-Unis. La soudaineté de l’épidémie et sa relative proximité géographique avec un laboratoire de l’armée ont fait naître une forme de suspicion.

La tique à l'origine de la maladie de Lyme. La soudaineté de l’épidémie et sa relative proximité géographique avec un laboratoire de l’armée ont dès le début fait naître une forme de suspicion.
La tique à l'origine de la maladie de Lyme. La soudaineté de l’épidémie et sa relative proximité géographique avec un laboratoire de l’armée ont dès le début fait naître une forme de suspicion. © Getty / Science Picture Co

La question circule depuis de nombreuses années et est dernièrement revenue sur le devant de la scène.

Un amendement a été déposé cet été devant la Chambre des représentants américains, il a provoqué l’ouverture d’une enquête sur le sujet. L’objectif des élus est de savoir si OUI ou NON le Pentagone a procédé à des expérimentations sur les tiques –entre les années 50 et 70- dans le but d’en faire des armes biologiques et si certaines de ces petites bêtes se sont échappées des laboratoires. 

Dans le viseur des représentants, la maladie de Lyme, une infection bactérienne précisément transmise par les morsures de tiques. Sa propagation croissante ces dernières années inquiète la population Outre-Atlantique.Tout comme en France d’ailleurs !

A l’heure actuelle, au moins trois cents mille personnes seraient concernées aux Etats-Unis. Et elles seraient près de soixante-sept mille sur le territoire français.

Dans les années 70, une étrange épidémie de douleurs articulaires se déclenche dans le comté de LYME aux Etats-Unis. Le nombre important de cas -très localisés- va donner l’occasion aux scientifiques de mieux comprendre le lien entre les symptômes, les morsures de tiques. Et pour la première fois, ils réussissent à définir avec précision une maladie qu’ils baptiseront donc du nom LYME. 

Mais la soudaineté de l’épidémie et sa relative proximité géographique avec un laboratoire de l’armée ont dès le début fait naître une forme de suspicion. Une suspicion régulièrement entretenue par les réseaux sociaux et par la publication de livres sur cette théorie. 

Fantasme total ou vérité ?

Peut-être que Oui, l’armée américaine s’est intéressée à ces petites bêtes et on verra bien ce qu’acceptera de révéler ou pas le Pentagone, mais, en aucun cas, il ne faudra mélanger ces informations militaires avec l’histoire biologique et naturelle de la maladie.

Il suffit d’observer un peu l’histoire pour constater que la maladie de lyme a, en fait, toujours été présente. Même OTZI, était déjà porteuse de la bactérie responsable de la maladie. ​Et dans l’histoire de la médecine, on retrouve la trace des premières descriptions précises de certains symptômes dès la fin du dix-neuvième siècle. En 1922, deux docteurs français -Garin et Bujadoux- publient un description de cas de paralysie plus ou moins graves suite à la piqûre d’une tique.

Donc, l’épidémie du comté de Lyme - dans les années soixante-dix - n’a pas du tout révélé une maladie inconnue : elle a simplement permis de mieux la connaître et de la rebaptiser.

Mais ça n’explique pas pourquoi de plus en plus de personnes sont touchées ? 

C’est un fait : le nombre de cas recensés explosent ces dernières années. On est passé de 47 000 à 67 000 cas rien qu’en France en un an. Mais pas besoin de convoquer les Men in Black pour autant.
En réalité, l’explosion des cas s’explique par trois raisons principales : 

  • la première est mécanique : comme on connait mieux la maladie, on la diagnostique mieux et les cas recensés augmentent
  • La deuxième raison est liée au changement climatique : on peut même affirmer que la maladie de LYME est un parfait exemple des conséquences du dérèglement de notre climat sur la santé. Avec le réchauffement des températures, l’homme est en train de créer une sorte de petit paradis pour les tiques en Amérique du Nord et en Europe. Pour que tout aille bien pour elles, il ne faut pas descendre en dessous des dix degrés. Résultat ; leur période d’activité s’étale désormais pratiquement sur toute l’année. Alors qu’auparavant entre novembre et mars, les médecins ne constataient jamais ou presque d’infection. 
  • Enfin la dernière raison est elle aussi liée à l’action de l’homme sur l’environnement : en modifiant les équilibres entre les espèces, il a permis la multiplication d’animaux qui servent de vecteurs aux tiques. Comme par exemple des petits rongeurs qui pullulent dans certaines forêts, faute de prédateurs pour les croquer. Ce qui est une bénédiction pour la diffusion de la maladie : car qui dit plus de rongeurs, dit plus de tiques en plein forme et donc plus de morsures potentielles pour les promeneurs.

Des humains qui lorsqu'ils se baladent en plein air contribuent eux aussi à la multiplication des cas. Alors, si vous avez l’intention de profiter des derniers beaux en forêt : oublier les shorts et les manches courtes qui sont un véritable appel à la morsure de tique !   

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