Replongeons nous dans la vague de froid historique que s’est abattue sur le nord des Etats-Unis, il y a tout juste un an. En janvier 2019, des masses d’air descendues directement de l'Arctique ont transformé la moitié du pays en annexe du pôle Nord et une confusion a émergé, celle entre la météo et le climat.

Météo et climat : même combat ?
Météo et climat : même combat ? © Getty / artland

Les chutes du Niagara sont gelées, la neige s’accumule, le président Donald Trump va alors tweeter une courte analyse de la situation, qui va rester dans les annales du climato-scepticisme.

« Dans la belle région du Midwest, les températures ressenties atteignent moins 51°C, le plus froid jamais enregistré. Que diable se passe-t-il avec le réchauffement climatique mondial ? S'il te plaît, reviens vite, on a besoin de toi ! »

Evidemment, ce trait d'humour ne fait pas rire les scientifiques. Les tempêtes hivernales ne prouvent pas que le réchauffement climatique a disparu. Trump tombe ici dans un piège classique.

Confondre "climat" et "météo", un classique !

De manière très simple, la "météo" fait référence aux conditions quotidiennes de l’atmosphère – soit la température maximale, la quantité de couverture nuageuse, la vitesse et la direction du vent, ainsi que les précipitations.

Alors que le "climat", quant à lui, décrit les conditions atmosphériques moyennes sur plusieurs années. 

Oui, dans le modèle standard, les climatologues utilisent une période de 30 ans. Ainsi la période de référence actuelle s'étend-elle de 1981 à 2010. Le climat prend en compte les conditions atmosphériques, océaniques mais aussi astronomiques (avec la quantité d’énergie que nous envoie le soleil). Et également des paramètres liés à l’activité humaine : on parle évidemment de la présence des gaz à effet de serre.

Comme le dit, David Salas Y Mélia, responsable de la modélisation du climat à Météo France :  

« La météo, c’est ce que vous avez….Et le climat : c’est ce à quoi vous vous attendez »

Et si je devais filer une métaphore vestimentaire : je dirais que la météo correspond à notre tenue du jour (petit pull léger et pantalon).

Alors que le climat correspond, lui, à l’ensemble de notre garde-robe : sa composition reflète les conditions climatiques que l’on s’attend à croiser dans un pays ! Avec dans son placard, plus ou moins shorts, t-shirts, gros manteaux, ou écharpes.

La météo ne peut donc rien dire du climat ? 

Une chose est sûre : elle est trompeuse. Par exemple, pour les phénomènes météorologiques extrêmes -comme celui dont nous parlait Donald Trump l’année dernière : la réponse correcte est : « on ne peut pas dire que tel événement précis est lié au réchauffement climatique. Car, statistiquement, cet événement aurait pu également se produire au XIXéme ou au XXéme siècle ». 

Mais, on peut compléter cette réponse.

Pour appréhender les changements climatiques rapides que nous vivons déjà, on peut ajouter un calcul de probabilité : par exemple, pour la canicule du mois de juin 2017 : en prenant comme référence le climat de 1971 à 2000. On peut dire que, oui, cette épisode aurait pu également se produire, mais avec une probabilité d’un fois tous les cent ans ! Maintenant, si on regarde le climat actuel, alors cette vague de chaleur à une probabilité de se reproduire une fois tous les 20 ans. Et si on se place en 2030 : la probabilité sera d’une fois par décennie !!  En 2050, ce sera une fois tous les 5 ans !!!

La semaine dernière, une étude a montré pour la première fois que le changement climatique est déjà visible au quotidien si l’on regarde la météo à l’échelle mondiale.

Une étonnante étude publiée la semaine dernière dans la revue Nature par des chercheurs suisses montre que si l’on prend la météo sur toute la planète un jour donné alors l’empreinte du changement climatique est déjà visible ! 

Cette empreinte dépasse la variabilité de la météo quotidienne mondiale. Les chercheurs suisses ont comparé les données météo actuelles aux moyennes de 1951 à 1980. Et on voit que depuis 2012, il n’y a pas une seule journée sur la planète qui aurait pu avoir lieu entre 1951 et 1980 : elles sont toutes trop chaudes au niveau mondiale ! Alors oui, dans ce cas précis, Donald Trump pourrait dire que la météo du jour est bien le reflet du réchauffement climatique ! Et, ne lui en déplaise : ça chauffe !!

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