Il y a quelques jours, un collectif de chercheurs a publié une tribune dans le journal Le Monde pour appeler les maires à réduire la consommation de viande dans les cantines publiques. Pourtant, le débat reste toujours vif lorsqu'on aborde ce sujet... viande ou pas viande ?

Se passer de viande, est-ce vraiment la solution pour un monde plus durable ?
Se passer de viande, est-ce vraiment la solution pour un monde plus durable ? © Getty / Anna Quaglia / EyeEm

Des chiffres contradictoires continuent de circuler autour des effets de la viande sur le climat, sur les réserves en eau ou sur l’équilibre nutritionnel mondial. Certains minimisent et d’autres dramatisent le poids de l’élevage. 

Première fausse information : l’élevage contribuerait plus au réchauffement de la planète que les transports ?

Non, c’est faux. Et c’est ce qui arrive lorsque l’on compare des chiffres incomparables.
Selon l’organisation Mondiale pour l’alimentation (la FAO), plus de 14,5% des émissions mondiales des gaz à effet de serre proviennent de l’élevage. Mais il ne faut pas les comparer aux 14% d’émissions liés au transport indiqués dans le rapport du GIEC. 

En effet, dans le premier cas, la FAO analyse l’ensemble du cycle : elle prend en compte le changement d’usage des sols, l’alimentation animale, les divers transports nécessaires.
De l’autre côté, le GIEC ne comptabilise que les émissions directes par secteur.
Pour le GIEC, la part de l’agriculture se situe plus autour de 12%, ce qui constitue donc moins que les transports.

En France, il est possible de comparer les quantités directes de gaz grâce à l’inventaire réalisé par le CITEPA, un centre d’étude spécialisé, ce qui donne presque 30% pour les transports contre 19% pour l’agriculture en France avec environ la moitié rien que pour l’élevage, tout de même.

Ces mesures ne concernent pas les importations, mais uniquement les quantités de gaz émises sur le territoire français.

Que se passerait-il si toute la population mondiale devenait vegan ? 

Selon une récente simulation conduite à l’Université John Hopkins, le résultat serait bien net : on obtiendrait une baisse record de moins 70% des émissions de carbone liées à l’alimentation et quant à la consommation d’eau, elle serait diminuée d’environ 20 %. 

Cette étude ne conclut pas pour autant qu’il faille abandonner la viande et les protéines animales

Le groupe d’experts dit très clairement, que « la viande, et en particulier la viande de ruminant (bœuf et agneau) est l’aliment avec le plus d’effet sur l’environnement ». Mais il ne dit pas qu’il faut totalement abandonner la viande et les protéines animales. Ça dépend de l’état nutritionnel des populations.

Existe-t-il un « régime idéal » ? 

L’équipe de l’Université John Hopkins a essayé de le trouver, en comparant (dans 139 pays différent)- l’empreinte environnementale de neuf régimes allant du totalement végétalien à celui qui inclut de la viande six jours sur sept. 

Leur résultat est nuancé, il n’y a pas vraiment de réponse universelle lorsqu’il s’agit de nourrir la planète et de sauver le climat ! Leur modélisation pourrait être résumée ainsi : dans certains pays ou pour certaines personnes vulnérables, il faut augmenter l’apport de viande ou de protéines animales, en revanche, dans les pays développés, comme la France, il faut bien diminuer cette consommation. Étonnamment, ce n’est pas du tout le régime végétarien qui l’emporte au final.

Dans la quasi-totalité des pays étudiés, deux régimes ont en effet particulièrement retenu l’attention des chercheurs. 

Le premier est un régime qu’on peut qualifier d’ « au deux tiers végétaliens », autrement dit deux repas végétaliens -avec zéro protéines animales- et un repas omnivore avec un peu de viande.
Ce régime-là est plus probant que le « 100% végétarien » car les végétariens ont tendance à compenser l’absence de viande par des produits laitiers, ce qui alourdit considérablement leur empreinte sur le climat.

L’autre régime particulièrement intéressant, selon les chercheurs, inclut lui aussi des produits animaux, mais attention, pas n’importe lesquels. Il inclut uniquement les petits poissons (sardines, harengs), les mollusques et les insectes. Ces aliments présentent un double avantage : ils sont situés à la base de la chaîne alimentaire et donc leur empreinte environnementale est relativement faible mais ils ont aussi des qualités nutritives indéniables. 

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