L’épidémie de pneumonie est apparue mi-décembre en Chine dans la ville de Wuhan autour d’un marché aux animaux, un endroit où l’on trouve un grand nombre d’espèces mangeables dans la cuisine chinoise. Pour l’instant, la maladie a officiellement touchées une quarantaine de personnes, deux d’entre elles sont décédées.

Structure du Coronavirus, virus pathogène respiratoire
Structure du Coronavirus, virus pathogène respiratoire © AFP / ROGER HARRIS / Science Photo Libra

Lundi, une première infection a été détectée hors des frontières chinoises, en Thaïlande, chez un voyageur rentrant de la ville de Wuhan, hier (chiffres au 16 janvier 2020) c’était au tour du Japon de confirmer l’arrivée d’une personne infectée en provenance là encore de l’agglomération Chinoise.

Plus de doute pour l’OMS, c’est bien un nouveau coronavirus.

Que peut-on dire aujourd’hui de ce nouveau virus ?

On sait maintenant -avec certitude- qu’il est nouveau mais aussi qu’il est similaire à 80% avec celui du Sras. Pour mémoire, le Sras, c’est le « syndrome respiratoire aigu sévère ». Parti de Chine en 2002, le Sras avait déclenché la première pandémie du 21e siècle.
Le nouveau virus chinois, lui, n’a pas encore de nom de baptême. Les scientifiques l’appellent pour l’instant : « 2019-nCoV ».

Mais il faut dire que tout est allé très vite pour lui dans les laboratoires : il s’est passé moins d’un mois entre la déclaration des premiers cas et la publication de l’intégralité de son génome de ce nouveau coronvirus. Et ça, c’est une vraie performance ! Il avait fallu des mois avant que le Sras soit identifié et finalement séquencé. 

Ce nouveau virus est-il lui aussi d’origine animale ? 

Oui, il est le fruit d’un « franchissement de la barrière d’espèces ». Autrement dit, derrière ces cas humains, il y a un animal porteur du virus. Il peut même tout à fait y avoir eu plusieurs franchissement de barrière : avec un passage d’une première espèce animale à une autre avant finalement d’arriver jusqu’à nous. Dans le cas du Sras, il y avait eu un passage par la chauve-souris puis par la civette, un petit mammifère consommé en Chine. Pour couper court à la contagion, Pékin avait d’ailleurs abattu 10 000 civettes en 2003. Le problème dans le cas du nouveau virus : c’est que l’on ignore encore quelle est la source animale. C’est encore un gros point d’interrogation. 

Mais on sait que ce nouveau coronavirus chinois n’est pas aussi dangereux que le Sras.

A priori, non. Pour l’instant, le virus semble à la fois moins transmissible et moins virulent. Mais nous sommes peut-être dans une phase d’adaptation. Au départ, la transmission directe d’un coronavirus de l’animal à l’homme est biologiquement difficile. Sauf que le virus peut s’adapter – plus au moins vite –  à son nouvel hôte. Il peut par exemple apprendre à mieux s’arrimer aux récepteurs de ces cellules pour les infecter ou il peut aussi apprendre à contourner les défenses immunitaires.

Le Sras, à ses tout débuts, fin 2002, était lui aussi peu transmissible.

Il s’est adapté : comme il a pu circuler librement -sans que l’on sache même qu’il existait- les médecins pensaient avoir à faire à une forme de grippe, ou même à une bactérie. Le virus a pu se propager et devenir plus contagieux, infectant notamment le personnel médical. Il faut d’ailleurs se souvenir que c’est un médecin Chinois qui a déclenché l’épidémie mondiale lors d’un voyage à Hong Kong en février 2003. 

Au total, huit mille personnes ont été infectées, 774 sont décédés et le virus a touché 35 pays en 2003.

C’est pour cela qu’il est si important de bloquer cette nouvelle épidémie au plus tôt.

Nous sommes à un moment crucial. Pour l’instant, il n’y a pas eu de transmission en dehors de la ville Wuhan. Toutes les personnes touchées y sont passées. Il faut donc être rassurant surtout parce qu’à la différence de 2003 et du Sras :  les médecins savent cette fois parfaitement après quoi ils courent. Sa séquence génétique a permis de mettre au point des  tests de dépistage rapide. En France, par exemple, nous avons six vols hebdomadaires en provenance de Wuhan. Donc si un malade suspect arrive, on peut l’isoler et le tester.

Bon, on l’aura compris : on ne peut toujours pas empêcher le passage de nouveaux virus de l’animal à l’homme, sauf que – bonne nouvelle – nous avons tiré des enseignements du passé : et cette fois-ci nous sommes bien mieux armés !

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