Google, Apple, Amazon ou encore Facebook : les géants de la Tech ont une particularité alors que le monde économique s’effondre, ils échappent à la crise.

Google, Facebook, et autres GAFAM ne connaissent pas la crise, mais pourquoi ?
Google, Facebook, et autres GAFAM ne connaissent pas la crise, mais pourquoi ? © Getty / SOPA Images

Le Gafa est une espèce économique étrange. Il croît plus vite que n’importe quelle entreprise en période de temps calme, et ne rompt pas lorsque souffle la pire tempête depuis un siècle. Nous avons pu le constater de façon éclatante lors de la publication cette semaine de leurs résultats du premier trimestre. Quand Airbus, la Société générale ou BP nous annoncent des pertes et ne prédisent rien de bon pour leur avenir, les géants américains affichent des hausses de leur chiffre d’affaires spectaculaires, 15% pour Google, 20% pour Facebook, et même 25% pour Amazon. Autre preuve qu’ils traversent la crise sans encombre : les valeurs boursières des Gafa font mieux que tenir. Apple, et Microsoft, valent toujours largement plus que 1000 milliards en Bourse. Quant à Amazon, il s’est apprécié de 25% depuis le début de l’année soit la bagatelle de 300 milliards dollars de plus !

Comment expliquer que les géants de la tech échappent à la crise ?

Qu’il s’agisse de faire ses courses en ligne 24 heures sur 24 depuis son canapé, de s’équiper d’outils pour travailler à distance, de se divertir, d’écouter de la musique, de s’informer, lorsque le monde physique s’arrête avec le confinement, le monde virtuel prospère et les Gafa cavalent. Ils sont incontournables, aussi bien dans les services qu’ils offrent aux particuliers mais aussi auprès des entreprises. Ce sont eux les rois du monde numérique, dans des proportions considérables. Seuls ou ensemble, ils détiennent souvent plus de la moitié des marchés qu’ils occupent. C’est le cas dans la publicité en ligne, dans les moteurs de recherche, dans les réseaux sociaux, dans les services de cloud, dans l’hébergement et la gestion de données. Aux Etats-Unis, Amazon a conquis 50% du e-commerce américain.

Avec le déconfinement et le redémarrage des entreprises, est-ce que la situation va se rééquilibrer ?

Je crois en réalité que l’écart va se creuser. Lorsque des millions d’entreprises sortiront affaiblies de ces quarantaines économiques forcées, les géants de la tech seront musclés comme jamais. Encore plus forts, ils pourront continuer à grignoter (dévorer ?) un à un les secteurs occupés par les acteurs de l’ancien monde. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook a résumé leur ambition "J'ai toujours pensé qu'en période de crise, il faut investir". Tout est dit…

Faut-il stopper ou contrôler cette domination planétaire ?

La question se posait avant la crise. Elle se posera plus encore demain. Oui les Gafa sont hyper dominants. Mais attention, cette puissance ils ne l’ont pas volé. Elle ne vient pas d’un puits de pétrole ou de mines d’or. Ils l’ont créée en innovant et inventant des produits que les utilisateurs s’arrachent. Qui n’a pas installé des boucles WhatsApp pour communiquer avec ses collègues ou sa famille ces dernières semaines ? Malgré tout, il faut les lutter contre les abus de positions dominante et probablement s’interroger sur des démantèlements alors que les concurrents n’arrivent plus à émerger. Mais là encore ce n’est pas si simple, et ça l’est moins aujourd’hui qu’hier. Découper les Gafa, c’est affaiblir la puissance technologique américaine et prendre le risque de favoriser la Chine. Or cela, Donald Trump et beaucoup d’Américains ne l’ont jamais voulu. Après cette tragique épidémie de covid qui a dégradé un peu plus les relations entre les deux super puissances, j’ai la conviction que le président américain ne sacrifiera pas son arsenal numérique. Une chance pour les Gafa !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.