L'inflation : un sujet qui est sur toutes les lèvres alors que la sortie de crise se profile et que les plans de relance se multiplient.

Et si l'inflation était de retour ?
Et si l'inflation était de retour ? © Getty / Image Source

Le sujet fait son chemin depuis quelques semaines. Les petits signaux d’un réveil de l’inflation sont visibles. Elle s’est élevée à 2% en mars sur un an en Allemagne, et à 1,4% en France, alors qu’en 2020, elle a souvent été négative.

En réalité, les prix remontent pour plusieurs raisons. Avec la fin de crise, la machine économique va redémarrer et pourrait même s’emballer. Or, lorsque que la demande est forte, les prix des produits et des matières premières les plus recherchés augmentent…

La pénurie de conteneurs renchérit déjà le prix du transport maritime. Le manque de semi-conducteurs provoquera une hausse des prix des voitures, des téléphones et de bien d’autres produits électroniques…

Autre élément qui nourrit cette inflation : les plans de relance et notamment le plan Biden de 1900 milliards de dollars. Plus les stimulus économiques et financiers sont puissants, et plus les risques inflationnistes sont importants.

Certains facteurs poussent à une hausse des prix, mais d’autres sont déflationnistes.

Avec le chômage et les faillites en séries liées au Covid, les salariés sont fragiles et ne sont pas vraiment en situation de négocier des hausses de salaires. Et donc l’inflation par la hausse des rémunérations n’est pas vraiment d’actualité.

Autre facteur déflationniste : la mondialisation de la production. Elle nourrit une concurrence mondiale qui tend à faire baisser les prix des produits. L’ordinateur est largement moins chers aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

Dernier facteur qui tire les prix vers le bas : le numérique. Le commerce en ligne est déflationniste. Quant au télétravail, il pousse les entreprises à libérer des bureaux, ce qui devrait peser sur les prix de l’immobilier.

A partir de là, les économistes et les institutions financières ne sont pas alarmistes. Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, estime que les facteurs inflationnistes devraient s’estomper en début d’année prochaine. Aux Etats-Unis, alors que l’économie américaine amorce une accélération sans précédent depuis les années 1950, ni la Maison-Blanche ni la Réserve fédérale ne parient sur une accélération durable de l’inflation.

Pourquoi les banques centrales redoutent-elles une hausse de l’inflation ?

La situation est paradoxale. D’un côté les banques centrales cherchent à relancer l’inflation car elle est signe de dynamisme économique.

Mais de l’autre, une reprise un peu brutale des prix remettrait en question les taux bas et la politique de l’argent facile. Or, les emprunteurs et particulièrement les Etats qui financent leurs déficits et depuis quelque mois leurs plans d’urgence et de relance à crédit, raffolent de cet argent abondant et quasi gratuit.

Le moindre doute sur la pérennité de cette politique accommodante conduit à une des hausses de taux d’intérêt. Or qui dit hausse des taux, dit très vite des dizaines de milliards de charges d’intérêt en plus qu’il faut payer à ses créanciers. Autant dire un cauchemar pour les gouvernements.

En résumé, nos économies modernes surendettées ne supportent ni la déflation et ni le yo-yo des prix. L’idéal pour les grands argentiers et les responsables des banques centrales, c’est une légère et très lente remontée des prix !

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