Le baril se négocie autour de 30 dollars, contre 65 il y a seulement deux mois. La conséquence de la crise du coronavirus, mais pas seulement.

Le baril de pétrole ne se négocie plus au même prix qu'avant. Conséquence du coronavirus ? Pas seulement.
Le baril de pétrole ne se négocie plus au même prix qu'avant. Conséquence du coronavirus ? Pas seulement. © Getty / Pramote Polyamate

Cet effondrement est le résultat d’une contraction sans précédent de la demande mondiale de brut, doublée d’une guerre des prix surprise.  Venons-en à la contraction de la demande. Elle a commencé en janvier lorsque la Chine, frappée par l’épidémie de covid 19, a fermé ses usines, et confiné des millions de personnes.

En quelques semaines, la deuxième économie du monde, qui consomme la bagatelle de 13% du pétrole mondial, s’est mise en sommeil, ce qui a fait chuter la demande de brut du pays, et donc engagé la baisse des prix de l’or noir.

Avec le confinement de plus de la moitié de la population mondiale, la contraction de la demande s’est accélérée ces dernières semaines ce qui a accentué là encore l’effondrement des cours du pétrole.

Et qu’en est-il de cette guerre des prix ? 

Le 6 mars dernier, les pays de l’Opep, plus onze pays producteurs dont la Russie, se sont retrouvés à Vienne avec un objectif : baisser la production pour soutenir les cours du pétrole, ce qui semblait alors logique.

Tout le monde y croyait, sauf que la Russie a refusé, bien décidée à privilégier la sauvegarde de sa part de marché et surtout à affaiblir les producteurs de pétrole de schiste américains, qui sont puissant mais aussi très vulnérable lors d’une baisse des prix, parce que leurs coûts de production sont élevés, souvent plus de 30 dollars le baril.

Deux jours après cette décision très politique de Moscou, l’Arabie saoudite, furieuse, décidait d’augmenter sa production, pour accélérer l’effondrement des prix et pousser la Russie à revenir en arrière. 

Ce fut le coup d’envoi d’une guerre des prix en plein marasme économique. Du jamais vu !  Le baril a sombré jusqu’à 20 dollars au début de cette semaine.

Donald Trump a-t-il laissé faire ?

Les coups de fils se sont multiplié avec Poutine et avec l’Arabie saoudite. Au début sans grand succès, et puis jeudi coup de théâtre : le président américain a fait un tweet dans lequel il dit à propos de la Russie et de l’Arabie saoudite :  –je le cite- : "J'espère et je m'attends à ce qu'ils réduisent d'environ dix millions de barils, et peut-être nettement plus". Dans la foulée de cette sortie, le baril a bondi de plus de 20%.

La guerre des prix est-elle terminée ?  

Pas encore. Mais la paix est à portée de main. L’OPEP, plus les onze pays producteurs dont la Russie, ont prévu de se retrouver en visioconférence lundi.

Au menu : répartir entre eux une forte baisse de la production pour soutenir un tant soit peu les prix. Donald Trump évoquait jeudi 10 millions de barils en moins chaque jour. Ce qui est énorme, puisque cela correspond à 10% de la production mondiale.

On verra lundi ce qu’il en est. En tout cas ce qui est sûr, c’est que les producteurs vont jouer très gros. En l’absence d’accord ambitieux, la déception des marchés sera immense, et la chute des cours reprendra de plus belle.

Finalement, il n’y a que les automobilistes qui peuvent se réjouir de cette situation ?

Oui, les prix à la pompe ont baissé, et même très nettement, ces derniers jours… mais en période de confinement, avouons que nous en profitons fort peu. Voire même pas du tout.

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