Et avec lui de nouveaux outils de collaboration…

Le mouvement était encore timide avant les grèves : 3 % des salariés français ont déjà testé le boulot à distance, selon le ministère du travail. Par contre c’est 11% chez les cadres. Mais on imagine évidemment que la pratique s’est beaucoup amplifiée depuis quelques semaines. D’autant que les solutions techniques existent en pagaille. Et là, on ne parle plus seulement de télétravail. C’est une vraie révolution dans les méthodes de collaboration : dans les entreprises, les équipes sont de plus en plus souvent explosées façon puzzle aux 6 coins de l’Hexagone ou ailleurs sur la planète. Et pourtant elles continuent de travailler comme si elles étaient dans la même pièce, grâce à des outils sophistiqués de messagerie, de visioconférence, de partage de documents. Forcément, les géants de la tech américaine ont accompagné cette évolution, depuis plusieurs années. A commencer par Microsoft : pour compléter sa célèbre suite bureautique Outlook, il avait racheté la pépite estonienne Skype, qui a inventé une manière de passer des coups de fil audio et vidéo partout dans le monde via Internet.

Mais ces outils semblent aujourd’hui dépassés voire, ringardisés par de nouveaux acteurs…

Ils s’appellent WebEx, Yammer ou BlueJeans. Et tous viennent challenger les poids lourds du secteur dont Google, Facebook et Microsoft qui est finalement reparti d’une page blanche pour rester dans la course et a lancé sa plateforme Teams. Car ces nouveaux outils collaboratifs font un carton. Le plus connu s’appelle Slack, il a été fondé en 2014 en Californie et vaut déjà 12 milliards de dollars. Il vient d’ouvrir une filiale en France. Au printemps dernier, Zoom, spécialiste de la visioconférence est entré en Bourse en fanfare. C’est l’une des plus grosses introductions au Nasdaq de l’année. Et les Français ne sont pas en reste : le Rennais Klaxoon a déjà conquis la totalité des entreprises du CAC40 avec sa plateforme miracle : elle promet de réveiller les réunions de travail, et même de les dynamiter, en permettant aux participants d’intervenir tous à la fois pour favoriser la prise de décision.  Certains la voit déjà comme une future licorne, ces start-up valorisées à plus d’un milliard.

Et comment explique-t-on l’engouement pour ces nouveaux modes de collaboration ?

Les technologies évoluent rapidement, la vitesse des réseaux de télécommunication aussi. Mais comme souvent, ce sont les utilisateurs qui font bouger les choses. Et tout particulièrement la Génération Y, née avec un smartphone dans la main. Elle est extrêmement exigeante sur ses conditions de travail et adopte rapidement les technos qui lui facilitent la vie. Et l’histoire de Slack en est une bonne représentation : La start-up, au départ développait des jeux vidéos. Pour faciliter la communication entre les équipes, un groupe de salariés avait créé une application de messagerie instantanée qui s’est révélée d’une efficacité redoutable. Vous connaissez la suite. Les fondateurs de Slack ont laissé tomber les jeux et leur appli fait désormais trembler Microsoft.

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