Avec la crise économique provoquée par l’épidémie de Covid, plusieurs secteurs d’activité paralysés par des mois de confinement sont aujourd’hui sinistrés. Conséquence, de plus en plus de Français songeraient à changer de métier.

Une fois votre compte CPF créé, vous pouvez en trois clics  choisir dans un catalogue de plus de 300 000 formations, vous inscrire et la payer directement en ligne.
Une fois votre compte CPF créé, vous pouvez en trois clics choisir dans un catalogue de plus de 300 000 formations, vous inscrire et la payer directement en ligne. © Getty

A-t-on une idée de l’ampleur de ce phénomène ?

Difficile à dire, mais il est clair que c’est désormais une vraie tendance. On le voit notamment au travers du succès croissant de l’appli mon compte personnel formation. Lancée il y a un an par le ministère du Travail, elle a déjà été téléchargée près de 2 millions de fois et le rythme s’accélère. Car la crise pousse, vous l’avez dit, les salariés impactés à vouloir changer de métier. Selon un récent sondage, c’est le cas par exemple de 9 employés de la restauration sur 10. Neuf sur 10 ! 

Preuve aussi de cette volonté de se reconvertir : les cours de langue plébiscitées jusqu’ici sont à présent en baisse et les formations demandées portent davantage sur le bilan de compétences, la validation des acquis professionnels ou la création d’entreprises. 

Autre signe qui ne trompe pas :  on observe une évolution profonde des salariés qui veulent se former

Le Droit individuel à la formation, l’ancien DIF, remplacé en 2015 par le CPF accessible donc depuis un an depuis son smartphone, était jusqu’ici surtout utilisé par les cadres. Et ces cadres se formaient avant tout pour gagner en performance, renforcer leurs compétences. 

Aujourd’hui, les deux tiers des demandes de formations émanent d’ouvriers, d’employés et de techniciens, les premiers touchés par la crise économique. Et elles sont le fait, à 60%, de salariés de 30 à 49 ans qui sont pour beaucoup au milieu de leur vie professionnelle. 

Vous avez par exemple ces techniciens du transport et de l’aéronautique qui se réorientent vers les métiers de la logistique. Ou ces salariés du tourisme et de l’événementiel qui créent leur propre entreprise et en profitent au passage pour quitter les grandes métropoles. 

Car changer de métier c’est aussi, très souvent, changer de cadre de vie. Pas seulement parce que le prix du m2 est plus bas dans les villes petites ou moyennes mais parce que beaucoup de Français sont à la recherche d’un nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. 

Est-ce si facile d’obtenir la bonne formation. Comment marche l’appli dont vous nous parlez ?

C’est très simple. Tous les salariés du privé, les fonctionnaires et les indépendants disposent d’un CPF. Pour l’actionner, il suffit de se connecter sur moncompteformation.gouv.fr avec son numéro de sécu et son é-mail. A partir de là, on découvre immédiatement le montant de ses droits à la formation. Près de 1300 € en moyenne auxquels s’ajoutent automatiquement 500 € par an, jusqu’à un plafond de 5000 €. 

Une fois votre compte CPF créé, l’appli permet en trois clics de choisir dans un catalogue de plus de 300 000 formations puis de s’inscrire et de la payer directement en ligne. 

Contrairement à l’ancien DIF, votre employeur ne peut vous refuser une formation et il n’a aucun droit de regard sur le contenu de cette formation. Simplement, si vous prenez des cours pendant vos heures de travail, vous devrez obtenir une autorisation d’absence. Voilà, c’est simple. 

Seul bémol : l’appli souffre encore de quelques défauts. Ainsi, le moteur de recherches ne permet pas de comprendre les différences de prix entre des formations a priori équivalentes. Difficile dans ces conditions de s’y retrouver et de faire le bon choix.  

Il faut bien penser à charger tous ses droits

Les salariés doivent le savoir : avant 2015, dans l’ancien DIF, ils ont accumulé des droits à la formation à raison de 20 heures par an avec un plafond de 120 heures. Ces heures de formation, il faut maintenant les convertir en euros dans le nouveau CPF. A 15 € de l’heure, cela permet tout de même de récupérer jusqu’à 1800 €. Ce n’est pas rien. Mais attention vous avez jusqu’au 30 juin prochain pour le faire sinon, ils seront perdus. Pour l’instant, seul un salarié sur quatre a fait la démarche. Faites-le car ce serait vraiment dommage de se priver d’une formation qui vous ouvrira les portes d’un nouveau métier.  Et, pourquoi pas ?, vous amenera à changer totalement de vie. Un rêve aujourd’hui pour des millions de Français.

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  • Marc LomazziRédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd’hui en France
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