Dernier exemple en date avec Contentsquare, qui vient de lever 500 millions d’euros. Un record. C’est une bonne nouvelle pour les entrepreneurs, mais aussi pour ceux qui, comme Xavier Niel, investissent très tôt dans les start-up.

C’est nouveau : l’argent afflue dans les start-up françaises
C’est nouveau : l’argent afflue dans les start-up françaises © Getty / PeopleImages

Lui-même est un entrepreneur. On connaît le créateur de Free ou le propriétaire du journal Le Monde. L’homme est aussi le parrain incontournable des start-up française – la fameuse french tech. Il l’a démontré avec éclat avec la création à Paris de Station F, qui se revendique comme le plus gros incubateur du monde. Mais l’homme d’affaires se présente aussi comme le plus gros business angel du monde avec son fonds Kima Ventures.

Le business angel, c’est celui qui investit au tout début de la start-up. C’est le grand hobby de Xavier Niel. Il a fondé Kima en 2010 avec l’entrepreneur israélien Jeremie Berrebi. Les deux hommes se sont fâchés et cinq ans plus tard le patron de Free a passé les commandes à Jean de La Rochebrochard, un tout jeune diplômé en finances. 

La tactique est simple : investir dans un maximum de start-up pour ne pas rater la prochaine licorne française et valoriser au mieux son capital. Comme le résume un entrepreneur : Kima, c’est le péage de Saint-Arnoult des jeunes pousses françaises, l’incontournable. La plupart frappe à se porte en démarrant.

Quelle est sa méthode ?

Jean Laroche Brochard concède qu’il n’y a pas de recette d’investissement idéal. Avec trois collaborateurs, il passe au tamis les centaines de dossiers qu’il reçoit. Une demi-heure au téléphone suffit. Xavier Niel veille au loin et valide chaque investissement par mail d’un simple « okay ».

Kima s’engage dans deux nouvelles entreprises chaque semaine pour un ticket moyen compris entre 100000 et 150000 euros. Tous les secteurs sont concernés, même s’ils privilégient les entreprises qui ont la possibilité de changer d’échelle rapidement. Plus de restauration ni de média, donc, ces dernières années. Et 18% de start-up cofondées par des femmes. Son portefeuille compte à présent 917 start-up pour un montant total de 120 millions d’euros investis. 

Et est-ce que ca marche ?

La méthode semble très intuitive, peu professionnalisée. Avec une telle stratégie, Kima n’est pas parmi les plus sélectifs. Sa réussite repose sur une loi statistique : plus ses investissements sont nombreux, plus il y a de chance qu’il soit présent dans les futurs succès. Dans son portefeuille, il y aura environ 70% d’échecs. Sur 100 start-up, moins de 5 vont multiplier la mise par 20 ou par 200. Son taux de rendement est important, entre 15 et 46%, selon les années.

Kima a une règle intangible : le fonds n’investit qu’une seule fois par start-up, jamais au tour suivant. Pas de chouchous pour éviter d’envoyer un signal perturbant au marché. S’il veut remettre au pot, l’investisseur passe donc par New Wave, son nouveau fonds en série A, auquel participe Xavier Niel. 

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