Le bitcoin, la plus célèbre des crypto monnaies, a vu son cours s’envoler, passant de 5000 à plus de 50000 dollars en un an. Alors, faut-il avoir peur de cette monnaie cryptée ? Faut-il acheter des bitcoins ?

Le bitcoin, faut-il en avoir peur ?
Le bitcoin, faut-il en avoir peur ? © Getty / George

Difficile de rester insensible à l’égard d’un produit numérique, dont on ne comprend pas grand-chose tant il est abstrait et complexe, mais dont la valeur peut varier de 5 ou 10 000 dollars en une seule journée. 

Dans un sondage Ifop récent, 14% des Français disent souhaiter investir dans les cryptomonnaies. C’est bien le signe qu’il se passe quelque chose. Le bitcoin est en réalité en train de devenir un phénomène mondial, particulièrement auprès des jeunes investisseurs désireux de s’offrir un 10 000eme ou un 100 000eme de bitcoin. 

Certains, assez peu nombreux, s’en servent comme monnaie. Des sites Internet et même des magasins physiques convertissent au jour le jour le prix des produits et acceptent d’être payés en bitcoin. C’est possible, mais guère pratique car cette monnaie numérique se prête mal aux transactions courantes, surtout lorsque sa valeur fait du yo-yo. D’un jour à l’autre le prix d’une baguette peut ainsi varier de 10 ou 20 centimes…

Les cryptomonnaies dont la valeur est corrélée à une devise ou à un panier de devises, comme la future monnaie de Facebook, le Libra renommé désormais diem, pourraient en revanche s’imposer plus facilement comme moyen de paiement.

Mais il faut se rendre à l’évidence, aujourd’hui le bitcoin est avant tout acheté comme un produit de placement par les particuliers et par les entreprises. Tesla vient d’investir 1,5 milliard de dollars de trésorerie en bitcoin. Ajoutons que de plus en de banques ou de gestionnaires d’actifs ont annoncé ces derniers mois vouloir investir dans les cryptomonnaies.

Le bitcoin est-il en train de devenir l’or numérique, une valeur refuge ?

D’une certaine manière, oui. Comme le métal précieux, il n’offre aucun rendement et évolue au gré de l’offre et de la demande.

Il présente en outre quelques avantages aux yeux des investisseurs : il échappe ainsi aux autorités fiscales, et cette crypto-monnaie est une bonne protection contre l’inflation dans la mesure où la quantité de bitcoin est plafonnée depuis sa création. Il y en aura au maximum 21 millions. 

Cela étant dit, elle souffre de quelques handicaps. Parce que le marché total du bitcoin est plus étroit que l’or, les fluctuations sont beaucoup plus fortes que celles des lingots.

Faut-il alors craindre un effondrement du bitcoin ?

Il ne repose sur rien alors que l’or est un métal précieux que l’on peut mettre au coffre. A la différence de l’or, le bitcoin pourrait théoriquement disparaître,  chassé par une nouvelle monnaie virtuelle ou par une réglementation publique. En ce sens, la cryptomonnaie est beaucoup plus risquée que le métal précieux.

Un krach ou même des krachs ne sont pas à exclure surtout lorsque la spéculation bat son plein, comme c’est le cas actuellement. Il faut être prudent, et il est préférable d’investir ce que l’on est prêt à perdre, un peu comme au casino. 

Pour autant, je ne crois absolument pas à la disparition de ces monnaies. Parce qu’elles reposent sur la blockchain, une technologie numérique de stockage et de transmission d’information très sécurisée au potentiel considérable. 

Et puis dans un monde de plus en plus en numérique, il y a de la place pour des monnaies digitales et des placements alternatifs. C’est si vrai du reste que les banques centrales, toutes les banques centrales, sont en train de construire leurs cryptomonnaies. 

L'équipe