La période des fêtes profite traditionnellement au secteur du jeu vidéo. Mais cette année, l’industrie se prépare à une révolution : la dématérialisation… et donc la fin de la console de jeu !

Les habitudes ont bien changé : aujourd’hui on joue massivement en ligne et tout le temps. Jusqu’à présent, les gamers comme on les appelle, s’adonnaient à leur passion en se connectant à leurs consoles, des petites bombes technologiques, bien plus performantes qu’un ordinateur en puissance de calcul. Indispensable pour faire tourner ces jeux. 

Et l’arène est occupée par trois grands fabricants : les Japonais Nintendo et Sony Playstation, ainsi que l’Américain Microsoft avec sa console Xbox. Ils ont vendu des centaines de millions de consoles portables ou de salon et ils ont construit un modèle économique extrêmement rentable, à la façon de l’exemple Nespresso : la machine est vendue quasiment à prix coûtant et les marges – très confortables – se font sur les ventes de jeux. Et il s’en vend des dizaines par console. Ca fait des décennies que ça dure : tous les sept ans sort une nouvelle génération de console toujours plus puissante, et ces lancements donnent lieu à des célébrations planétaires à faire pâlir d’envie Hollywood. Mais l’air des consoles est en train de s’achever : Sony et Microsoft ont annoncé qu’ils sortiraient leur nouvelles versions l’an prochain. Ce seront probablement les dernières.

Pourquoi ce mouvement se produit-il maintenant ?

Deux phénomènes expliquent le changement de comportement des gamers. Il y a d’abord la rapidité de connexion à Internet, qui permet aujourd’hui de jouer en temps réel sur le réseau avec des centaines d’adversaires. L’autre évolution, c’est la généralisation de l’usage du smartphone. Tout le monde y est accro et les gens s’en servent avant tout pour jouer. Ils y dépensent même pas mal d’argent. Le marché pèse plus de 150 milliards de dollars en 2019 et on compte 2.5 milliards d’adeptes. C’est plus du tout un truc de jeune geek boutonneux. Apple, Google ou Amazon ont lancé leurs propres plateformes de jeux en ligne pour concurrencer les acteurs historiques Microsoft et Sony. Et tous rivalisent d’ingéniosité pour capter un peu de notre temps de cerveau disponible et alléger au passage notre portefeuille.

La meilleure illustration de ce phénomène est le succès du jeu Fortnite.

On entre dans une autre dimension : 250 millions de joueurs – les deux tiers ont moins de 30 ans. Fortnite est devenu LA réussite de la dernière décennie dans le jeu vidéo, grâce à son principe de « battle royale » : une centaine de joueurs sont largués sur une île et doivent s’entretuer. Le jeu est gratuit mais on peut acheter des accessoires pour équiper son avatar. En moins de deux ans, le jeu a rapporté 4 milliards de dollars à son créateur, Epic Games, devenu le studio le plus rentable de l’histoire de l’industrie. Le tout en vendant des vêtements virtuels.

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