La crise provoquée par le Coronavirus va faire des dégâts économiques considérables mais aussi quelques heureux. C’est le cas des enseignes spécialisées dans le discount ou le déstockage plébiscitées aujourd’hui par les Français. Quel est le secret de leur succès ?

Un magasin de destockage près de Marseille
Un magasin de destockage près de Marseille © AFP / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

On les appelle les enseignes de bazar. Mais rien à voir avec les quincailleries d’antan, ces nouveaux supermarchés des bonnes affaires ont poussé ces dernières années comme des champignons en périphérie des grandes villes. On connaissait Gifi ou la Foir’Fouille, vous avez aussi Action, Normal, Stockomani, Hema ou Klo lancé pour le dernier par des anciens de Tati. En 10 ans, leur chiffre d’affaires a plus que doublé et ils enchaînent par dizaines les ouvertures de magasins.  Avec la crise provoquée par la Covid, les Français plébiscitent effectivement ce type de magasins. 

La clé de leur succès ? Des produits plutôt de qualité à très petits prix. Vous pouvez par exemple y trouver des grandes marques à -30% et chez Action, une enseigne hollandaise débarquée en France il y a huit ans, le prix moyen est de… 2 €.

Quelle est la différence entre toutes ces enseignes ?

Qu’ils soient généralistes – on y trouve de tout – ou spécialisées dans les articles pour la maison ou les produits d’hygiène, elles font le plein grâce à deux techniques bien rodées. 

  • Vous avez d’un côté les déstockeurs (Stokomani, Noz, Normal…). Ceux-là achètent en grandes quantités puis revendent à prix cassé des produits de grandes marques. Des cohortes d’acheteurs traquent les fins de séries et les invendus. 
  • Seconde catégorie, les discounterd. Là, Action, Gifi, Hema ou Centrakor écrasent les prix en écoulant des produits fabriqués surtout en Asie à des tarifs évidemment records. 

Que ce soit les déstockeurs ou les discounter, ils ont un point commun : pour proposer des prix imbattables, ils rognent sur les dépenses : pas de déco luxueuse ou de musique d’ambiance, des aménagements minimalistes, parfois de simples cartons de produits en vrac alignés sur des palettes dans des entrepôts même si, le succès aidant, certaines de ces enseignes commencent à s’embourgeoiser, à monter en gamme et s’installent en centre-ville.

Est-ce que ces modèles low-cost sont l’avenir de la grande distribution ?

Les supermarchés classiques font de la résistance et reste l’un des canaux de distribution préférés des Français mais il est évident que les consommateurs seront de plus en plus en attentifs à leurs porte-monnaie. Alors, après avoir pris des parts de marché importantes dans l’alimentaire, avec des enseignes comme Lidl et Aldi, les enseignes low-cost ont un bel avenir devant eux. D’autant que, maintenant, elles se lancent elles aussi dans les ventes en ligne ou le Drive. 

Cette forme de magasins aligne déjà une sacré force de frappe avec, par exemples, de l’ordre de 500 points de ventes dans toute la France pour Gifi et Action, 400 chez Centrakor, 300 chez Noz et le Marché aux Affaires. Au total, l’Hexagone compte désormais plus de 4000 de ces bazars géants et, avec la crise, ils vont continuer, à coup sûr, à tisser leur toile.

L'équipe
  • Marc LomazziRédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd’hui en France