Les débuts d’année sont propices aux bilans. Et lorsque l’on évoque la Bourse de Paris, soyons clairs : 2019 restera comme l’année du siècle. Les 40 plus grandes entreprises cotées françaises ont vu leurs actions s’apprécier en moyenne de 27,6% !

Il faut remonter au siècle dernier, en 1999 très exactement pour enregistrer une telle hausse. Concrètement, une personne qui a investi 1000 euros dans le CAC 40 il y a un an a gagné 276 euros. A titre de comparaison, 1000 euros sur un livret A n’a rapporté en 2019 que… 7,5 euros !

Une forte hausse de la Bourse qui surprend

Disons que cette performance, que l’on retrouve partout en Europe et en Amérique du Nord, est plutôt inattendue. Guerre commerciale, ralentissement économique mondial, fin annoncée des politiques monétaires accommodantes des banques centrales... En janvier dernier, face à des telles perspectives, les oracles des marchés se montraient circonspects, pour ne pas dire pessimistes sur l’évolution de la Bourse.

Comment expliquer cette folie boursière ?

Le pire tant redouté ne s’est pas produit. Le conflit commercial n'a pas dégénéré, la croissance a été moins mauvaise qu'annoncé. Dans ce contexte, les résultats des entreprises ne se sont pas dégradés.

Mais surtout, la Fed américaine, pressée par Donald Trump, a décidé de stopper la remontée du loyer de l'argent. Et la Banque centrale européenne a choisi de son côté de poursuivre sa politique de liquidités abondantes et de taux négatifs.

En agissant de la sorte, les grandes banques centrales laminent les taux d'intérêt et poussent les investisseurs vers les actions de sociétés très généreuses en dividendes.

Dans le jargon boursier, on évoque le phénomène Tina, acronyme de «There is no alternative »... Autrement dit, c'est la Bourse faute de mieux !

Faut-il s’inquiéter de cette situation boursière ?

Ce n’est ni blanc, ni noir. Disons qu’il y a du bon et du moins bon. Côté positif : le sourire des épargnants et de tous ces fonds qui détiennent des actions. L’année a été pour eux exceptionnelle.

Côté positif toujours, une Bourse qui se porte bien à tendance à attirer de l’argent vers les entreprises. Or, il est préférable pour nos pays de drainer l’épargne vers des placements productifs plutôt que de les laisser dormir dans un bas de laine.

En théorie, les entreprises les mieux dotées en capitaux ont les moyens d’investir et d’innover et donc d’accroître leur activité ce qui permet macro économiquement de générer de la croissance et de créer des emplois.

Quels sont les réels motifs d’inquiétude ?

On ne peut s’empêcher de penser qu’une part non négligeable de cette hausse est artificielle, qu’elle est alimentée par la politique de la planche à billets des banques centrales.

Or, non seulement cette politique monétaire peine à soutenir la croissance, mais elle finit aussi par dérégler la mécanique économique.

Ainsi, les taux négatifs incitent les États emprunteurs à la dépense (en tout cas en France), gonflent les bulles immobilières.

Les taux négatifs appauvrissent les épargnants qui n'ont pas acheté d'actions, propulsent les Bourses au sommet de façon bien artificielle, et fragilisent même les banques et les assureurs auxquels des millions de clients ont déposé des centaines de milliards d'euros sur des contrats d'assurance-vie ! Rien de très rassurant…

La hausse de la Bourse va-t-elle se poursuivre cette année ?

Joker. Les marchés financiers sont par nature imprévisibles. Souvenons-nous que la Bourse de Paris a fortement baissé en 2018 alors que les conditions macro-économiques n’étaient pas franchement très différentes que l’année passée.

Alors franchement, je ne sais pas ce qui va se passer. Et si je le savais, je serais très riche. Et vous aussi !  Car soyez bien certain que je vous mettrais dans la confidence !

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