Le roi de la voiture électrique vaut autant en Bourse que tous les grands constructeurs. Que se passe-t-il sur la planète automobile ?

Un taxi Tesla modèle X attend les passagers à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta à Tangerang le 14 décembre 2020
Un taxi Tesla modèle X attend les passagers à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta à Tangerang le 14 décembre 2020 © AFP / Fajrin RAHARJO

C'est un véritable vent de folie. Jamais nous n’avons assisté à un tel phénomène dans l’histoire automobile. En 2020, une année très noire pour un secteur frappé par le confinement et la crise économique, Tesla a plus que décuplé sa valeur boursière. Hier, la société créée il y a moins de 20 ans par Elon Musk valait 600 milliards de dollars à la Bourse de New York, soit plus que Toyota, Volkswagen, General Motors, Ford, Honda, Mercedes, BMW, Fiat, Chrysler,  Peugeot-Citroën-Opel, Renault, Nissan réunis. 

Dit autrement, les 500 000 Tesla qui seront produites cette année pèsent en Bourse, peu ou prou autant que les 60 millions de voitures qui sortiront cette année des chaînes des plus grands constructeurs de la planète.

Comment expliquer ce vent de folie ?

Il faut admettre que tout une série d’éléments font de Tesla une société assez unique dans le secteur de l’automobile et donc appréciée par les investisseurs.

Sa première originalité est de ne pas connaître la crise. Alors que les marchés se sont effondrés avec le covid, la start-up californienne enregistre une croissance de ses ventes de 30% et ses profits ne cessent de croître depuis plus d’un an. En plein marasme, l’électrique a le vent en poupe et la société américaine en profite.

Autre particularité : Tesla est plus qu’un groupe automobile classique. Il se construit certes en produisant des voitures, mais aussi en investissant dans un réseau de bornes de recharge électrique hyper performant. En ce sens, elle est unique. Tesla a aussi misé sur un réseau de distribution direct, sans passer par des concessionnaires ou des intermédiaires. Cette relation avec ses clients a indéniablement de la valeur. 

Sa puissance marketing n’est pas non plus s’en rappeler celle d’Apple qui a réussi à faire de ses téléphones des objets à part. Tesla c’est un peu l’iPhone de l’automobile électrique.

La folie est aussi boursière : la firme californienne a pour elle d’être le seul constructeur 100% vert. L’envolée de l’action de ces derniers mois est largement le prix de cette rareté, qui je pense disparaîtra à mesure que la transition écologique se diffusera partout, dans l’automobile et ailleurs.

À vous entendre, Tesla est une bulle qui pourrait finir par éclater ?

C’est difficile de prétendre que l’action va se dégonfler alors qu’elle s’apprécie de plusieurs milliards tous les jours. Mais je ne vous cache pas que j’ai de sérieux doutes. Tesla est valorisée comme Google, Facebook il y a un an. Or, Tesla n’est pas à mes yeux un Gafa.

Le fabricant des bolides électriques est à coup sûr un industriel parmi les plus innovants de l’automobile, mais n’a pas inventé pour autant un service qui révolutionne nos vies, à l’instar d’un réseau social ou d’un moteur de recherche. C’est si vrai que les vieux constructeurs fabriquent eux aussi des voitures 100% électriques.

Peut-on accorder à Tesla une avance technologique qui justifierait un telle écart de valeur avec ses concurrents ? Ses batteries relèguent-elles celles des Nissan, Renault, Chevrolet, ou  BMW à des années lumières ? Dispose-t-elle d’une avance déterminante en matière de voiture autonome ? Non. Là encore la start-up de l’auto est dans le peloton de tête des constructeurs, mais n’est ni seule, ni devant ses concurrents.

Je suis assez convaincu que le prix action Tesla finira par se dégonfler. Et pour tout vous dire, je rêve surtout d’une baisse des prix des Tesla pour un jour m’en offrir une. Personnellement je les trouve très belles… Pas vous ?

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