Elle fait beaucoup parler d’elle et vient de lever 8 millions d’euros. En s'impliquant dans la lutte contre l’obsolescence programmée, et elle s'engage de faire du bien à la planète.

Une start-up s'engage contre l'obsolescence programmée
Une start-up s'engage contre l'obsolescence programmée © Getty / Pete Starman

Son nom est tiré de la célèbre loi de Murphy, celle des emmerdements maximums : tout ce qui est susceptible d’aller mal… ira mal.

Murfy a été fondé en 2018 par cinq amis, ils ont à peine trente ans. Tous sont diplômés d’écoles de commerce et d’ingénieurs et ils voulaient redonner du sens à leur métier. Leur objectif : réduire la quantité de déchets électroménagers en apportant aux consommateurs des solutions concrètes pour réparer leurs appareils.

Près de 30 millions d’appareils électroménagers tombent en panne chaque année en France – c’est plus d’un par foyer. Et seulement 5 millions sont réparés. Les autres partent à la casse. Attention, Murphy n’est pas une énième plateforme de mise en relation entre artisans et clients. Les cinq associés ont constitué leur propre équipe de réparateurs.

Et comment fonctionne leur modèle ?

L’offre est construite en trois temps. On y accède via leur site Murfy.fr. Des tutoriels sont mis à disposition des clients pour les aider à réparer eux-mêmes leur machine. Et si ca ne marche toujours pas, Murphy envoie ses techniciens qui interviennent à domicile pour un forfait fixe de 85 euros.

Un produit sur deux est réparé. Quand l’appareil est vraiment fichu, le client est remboursé en bons d’achat sur leur site de vente en ligne de produits reconditionnés. Et l’affaire marche fort : déjà 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020.

L’objectif est de 12 millions cette année. L’entreprise pourrait être rentable mais les cinq compères préfèrent investir, essentiellement dans leurs outils informatiques. 

A quoi va servir l’argent qu’ils ont levé ?

Ils se sont tournés vers trois fonds à impact : Alter Equity, Eutopia et Investir & +. Ils voulaient que leurs investisseurs partagent leur vision écologique et sociale. Murfy va pouvoir accélérer ses développements technologiques, ouvrir de nouveaux ateliers ainsi qu’un nouveau site Internet. Et dans les prochains mois, il veut s’implanter en Belgique et en Espagne.

Mais l’argent va aussi servir à embaucher. Tous les réparateurs sont en effet salariés : ils sont 60 aujourd’hui. Ils devraient être 4000 dans quatre ans, sur un effectif total de 5 000 personnes.

En France ils lancent une école cofinancée avec Pôle emploi et les régions. L’idée est de former des réparateurs de tous âges. La formation dure six mois et elle se déroule dans les quatre ateliers de Murphy à Paris, Lille, Lyon et Nantes. Cette année 120 réparateurs vont être formés.

Mais les dirigeants de Murfy le disent tout net : la demande explose et ils manquent cruellement de main d’œuvre. Leur rêve : que, demain, plus aucun produit ne soit recyclé sans passer entre les mains d’un réparateur. 

L'équipe
Thèmes associés