Depuis plusieurs semaines, on a vu fleurir sur les grands sites de e-commerce des produits miracle contre le coronavirus. Des produits, sans aucune efficacité, vendus à des prix exorbitants. Un business a la limite de la légalité.

Le gel hydroalcoolique est, avec le lavage des mains au savon, au coeur de la stratégie de lutte contre le coronavirus
Le gel hydroalcoolique est, avec le lavage des mains au savon, au coeur de la stratégie de lutte contre le coronavirus © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

Eh bien, en quelques clics, on pouvait trouver, il y a encore quelques jours, sur des sites ayant pignon sur rue des produits miracles contre le coronavirus qui sont, disons-le tout de suite, de véritables escroqueries. 

Exemples ? Cette lampe de purification à l’ozone, qui "stérilise l’air" et agit en "prévention de nouveaux coronavirus" vendues 100 € pièce. Ou ces gants de vaisselle en caoutchouc dont la description précise qu’ils sont "antivirus coronavirus" vendus eux 26 € les trois paires. Ou encore ce "spray désinfectant anti-coronavirus" à 44 € . Sans parler des lunettes anti-gouttelettes ou des casquettes à visière plastique censées protéger de la contagion… Plus grave, on a vu des offres de soit-disant spécialistes de la décontamination qui proposaient de venir désinfecter votre appartement. En réalité des cambrioleurs qui voulaient profiter de l’aubaine pour faire leurs repérages...

Ces produits miracles ont disparu des sites de ventes en ligne ?

Oui. Et je dois ici tirer un coup de chapeau aux sites de vente de ligne qui ont réagi rapidement et banni ces produits attrapes-gogos. Tous ceux que je vous ai cités ne sont plus aujourd’hui en vente sur Amazon. 

Des articles aux vertus miraculeuses qui se classaient la semaine dernière en tête des résultats quand on rentrait "coronavirus" comme mot-clé dans le moteur de recherche d’Amazon. Comme d’autres plateformes avant elle, celle du géant américain a fait le ménage. 

C’est donc beaucoup plus compliqué pour les vendeurs sans scrupules d’escroquer les consommateurs. 

Les autorités sont-elles intervenues aussi pour mettre fin aux abus ?

Effectivement, Cédric O, le secrétaire d’Etat en charge du numérique a réuni mercredi dernier les sites e-commerce pour les mobiliser dans cette lutte contre, je cite, "les arnaques et pratiques commerciales trompeuses en ligne".

A cette occasion, on a appris que 430 000 annonces avaient été supprimées d’Amazon. Il faut noter que les grandes plateformes n’ont pas attendu les consignes de la Direction générale de la répression des fraudes pour se mettre en ordre de bataille. 

Ainsi, dès le 2 mars, Leboncoin a été le premier à supprimer toutes les annonces de masques et de gels hydroalcooliques donc les prix avaient flambé sur le site. C’était huit jours exactement avant que le gouvernement décide d’encadrer strictement le prix des flacons. 

Je rappelle qu’il est formellement interdit de vendre plus de 2 € le flacon de 50 ml et plus de 3 € le flacon de 100 ml. 

Dans la foulée, Rakuten (c’est l’ex- Priceminister) a  décidé de couper court aux spéculations et tentatives d’escroquerie en supprimant tous les masques vendus sur la plateforme. 

Il y a, malgré tout, un business sur internet de produits surfant sur la crise du coronavirus

Si on met de côté les faux produits miracle, Internet est devenu une vaste foire aux goodies, autocollants, badges, mugs, tee-shirts… Les fabricants de tous poils exploitent le filon du coronavirus 

Rien que sur Amazon, on trouve près de 200 références de tee-shirts, dont les prix varient entre 11€ et 19 € avec des slogans tournant en dérision l’épidémie. 

Sur Etsy, la plateforme internet spécialisée dans les objets faits-main, on peut trouver des décorations pour cup-cakes sur le thème du coronavirus à 11 € ou des faux-ongles qui prônent un bon lavage de main, fabriqués en France pour 39,80 €. 

Des produits inoffensifs, souvent assez chers et pas toujours de très bon goût. Mais c’est un avis personnel.      

L'équipe
  • Marc LomazziRédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd’hui en France
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