Et dans un paysage dominé par plusieurs gros acteurs américains, une start-up française s’impose et connait un succès planétaire.

Hong Kong - AUGUST 08: A smart phone with the dating app happn is seen on the screen in Hong Kong, on August 08, 2018
Hong Kong - AUGUST 08: A smart phone with the dating app happn is seen on the screen in Hong Kong, on August 08, 2018 © Getty / Yu Chun Christopher Wong/S3studio/Getty Images

Cette application a pourtant une consonance anglaise : elle s’appelle Happn – ça arrive, dans la langue de Shakespeare. Mais l’équipe est bien française, installée en plein centre de Paris. Et c’est l’histoire d’une rencontre entre deux garçons un peu déjantés, les frères Cohen, et Didier Rappaport, l’un des cofondateurs de Dailymotion, l’ancienne gloire française de l’Internet.

Rappaport est l’un des parrains de la french tech : Il a fondé plusieurs boîtes. Il finance et parraine de jeunes entrepreneurs. En cinq ans d’existence, l’appli a conquis plus de 70 millions d’utilisateurs dans le monde. Mais la clientèle française ne représente que 10% des inscrits. Près du tiers des adeptes se situent en Inde. Le Brésil est son deuxième marché. Et la plateforme enregistre 2 millions de nouvelles inscriptions chaque mois.

Mais apparemment, tout n’a pas été toujours rose pour la jeune pousse…

C’est souvent le sort de ces entreprises en hyper croissance. A un moment, ça déraille. En 2016, l’application était utilisée pas 20 millions de personnes aux Etats-Unis, en Amérique Latine, en Europe, en Turquie…

Mais elle brûlait 1 million d’euros par mois. L’essentiel partait dans les dépenses maketing. Alors Rappaport a tranché dans le vif. Il a notamment fermé le marché américain. Et la thérapie de choc lui a permis de lever plus de 12 millions d’euros, en 2017 auprès de plusieurs investisseurs, notamment Havas, dont le patron Yannick Bolloré est désormais administrateur.

Comment se distingue-t-elle de ses concurrentes, comme l’Américain Tinder ?

Elle se positionne sur le segment de la rencontre géolocalisée. L’application, permet à ses utilisateurs d’envoyer un « cœur » aux personnes qu’ils ont croisé dans la journée - et qui leur plaisent. Le ou la destinataire n’en savent rien, à moins qu’elles n’aient elles aussi marquée leur affection. Il faut qu’il y ait un crush ! La cible : ce sont les urbains de 18-35 ans.

Le modèle est-il rentable ?

Didier Rappaport est avare de chiffres : il affirme que l’affaire rapporte plusieurs dizaines de millions d’euro, et qu’elle est bénéficiaire. Mais c’est bien la monétisation qui pose problème. L’application est gratuite, et Happn a du mal à faire payer ses utilisateurs pour des fonctionnalités spéciales permettant de savoir si vous avez reçu des cœurs et de qui. De son côté, Tinder compte moins d’abonnés mais dégage plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. Et l’affaire se corse avec l’arrivée du géant Facebook, qui va bientôt proposer son propre service. Alors Rappaport imagine de pouvoir un jour monétiser les données de ses utilisateurs en leur envoyant des publicités ciblées. Mais s’il le fait, ce sera sur un modèle de partage de revenus avec les utilisateurs. Une façon de se rendre respectable face à l’ogre Facebook.

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