Cela fait presque un an jour pour jour que Carlos Ghosn a été arrêté à la sortie de son avion à Tokyo. Après des mois de prison, l’ex patron de Renault et Nissan est toujours assigné à résidence dans l’attente de son procès qui pourrait se dérouler l’an prochain.

La situation n’est pas fameuse. C’est peu de le dire.

En début de semaine Nissan a annoncé un nouveau recul de ses ventes et de ses bénéfices. Renault que l’on croyait en forme il y a encore 6 mois a lui aussi revu à la baisse ses performances commerciales et financières cet été.

Certes le marché de l’auto n’est pas en forme, mais la situation des deux sociétés s’est particulièrement dégradée ces derniers mois

J’ajoute que Ghosn a été sorti des deux constructeurs, le patron de Nissan a été remercié, et Thierry Bolloré, qui a pris les commandes de Renault après l’arrestation de Carlos Ghosn, a été débarqué en octobre. Sans même parler de dizaines de dirigeants limogés, écartés ou qui sont partis.

Pour résumer en chiffre la situation : en un an la valeur boursière de Nissan a chuté de 10 milliards d’euros et celle de Renault de 5 milliards. Dans le même temps Peugeot a gagné plus de 5 milliards et Toyota s’est appréciée de 30 milliards de dollars.

En écartant Carlos Ghosn, Nissan a descellé la clé de voûte de l'alliance Renault Nissan et jeté en prison un homme qui valait en quelque sorte 15 milliards.

Quel avenir désormais pour Renault Nissan?

C’est la grande question. Nissan se méfie de Renault et réciproquement. Et pourtant les deux entreprises industriellement très liées doivent rebâtir une dynamique commune.

A partir de là, deux options s’offrent à l’alliance dirigée aujourd’hui par Jean-Dominique Senard, l’ancien patron de Michelin.

Soit tenter une fusion. C’était le projet de Carlos Ghosn. Or, les japonais n’en veulent pas, sauf si c’est Nissan, plus gros que Renault, qui prend le contrôle de l’ensemble. Renault qui possède 44% de Nissan, n’est pas disposé à envisager un tel scénario.

Seconde option: inventer une collaboration plus étroite qu’aujourd’hui. Et là tout reste à imaginer. Une chose est certaine: le statu quo n’est bon ni pour Renault, ni pour Nissan.

Quel enseignement tirer de cette affaire?

Il y a une morale, assez évidente: les mariages dans l’automobile sont particulièrement difficiles. Et ce n’est pas nouveau : Daimler a fini par divorcer de Chrysler, incapables de travailler ensemble. PSA a éconduit Général Motors après quelques mois de travail en commun. On voit que l’option de l’alliance Renault Nissan a de sérieux ratés.

Finalement seul Fiat et Chrysler ont réussi à se rapprocher avec succès, en sachant que l’italien a repris en 2009 le groupe américain alors en faillite.

Ironie de l’histoire automobile, il y a quelques jours Fiat Chrysler et PSA ont annoncé leurs fiançailles. Il sera intéressant de voir si les Agnelli, la grande famille italienne qui contrôle le groupe italo-américain, réussira la plus grande fusion de l’automobile de tous les temps!

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