L’inconnue de l’année 2021, c’est l’évolution de l’emploi et du chômage en France lorsque la situation sanitaire va s’améliorer. Est-ce qu’on commence à avoir une image un peu plus claire de ce qui nous attend ?

L’emploi va-t-il rebondir en 2021 ?
L’emploi va-t-il rebondir en 2021 ? © Getty / Thomas Barwick

Avec la progression de la vaccination, le gouvernement table sur un début de retour à la normale pour l’activité économique à partir de l’automne prochain. Mais cette crise ne ressemble décidément à aucune autre. Certes, lors du premier confinement, tous les secteurs ont été touchés : 655 000 emplois avaient été détruits. Mais depuis, l’activité a repris dans l’industrie et la construction - elles ont recommencé à embaucher - tandis que les services, qui souvent n’ont pas pu retrouver une activité normale, ont continué à supprimer des emplois. Autre particularité : le dispositif d’activité partielle mis en place par l’Etat a permis d’éviter des licenciements massifs en aidant les entreprises à garder leurs salariés.

Il y a donc deux questions qui se posent : est-ce que la levée des restrictions sanitaires va entraîner un rebond puissant de l’emploi ? Et va-t-on assister à une vague de licenciements avec la suppression des mesures de chômage partiel ?

Quel est le scénario le plus probable ?

Ce qui détermine au final le niveau de l’emploi, c’est la croissance. Selon les dernières prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques, la réouverture progressive de toutes les activités devrait permettre à la croissance d’atteindre 5 % en 2021. 5%, c’est un beau chiffre, mais insuffisant pour regagner tout le terrain perdu : fin 2021, le PIB de la France restera inférieur à celui de 2019. Conséquence : les créations d’emplois salariés comme non salariés vont repartir à la hausse, mais il en manquera toujours plus de 260 000 en fin d’année. 

Et côté chômage ?

Le nombre de chômeurs devrait augmenter en 2021, de 213 000 selon l’OFCE. Le taux de chômage atteindrait 8,7 % en fin d’année, contre 8% en 2020 et 7 % avant la crise. Il y a tout de même une grosse incertitude : que feront les ménages de toute l’épargne accumulée pendant deux ans, soit - excusez du peu - 160 milliards d’euros ? S’ils choisissent de la garder dans leur bas de laine, la croissance en pâtira et le chômage grimpera à 9,4 %, calcule l’OFCE.

Quelles conclusions peut-on tirer de ces prévisions ?

D’abord que les mesures de relance prises par le gouvernement ne seront pas suffisantes pour permettre à l’économie de se rétablir complètement. Ça tombe mal parce que le ministère de l’économie claironne qu’il veut comprimer les dépenses publiques pour maîtriser la dette. C’est plutôt d’un deuxième plan de relance dont nous avons besoin. Les Etats-Unis de Joe Biden nous montrent la voie, mais la France et l’Europe jouent petit bras. 

Une autre piste à laquelle nos gouvernants devraient réfléchir, c’est la réduction du temps de travail. Quand les emplois manquent, ça a du sens de partager le volume de travail entre le plus grand nombre. Sous le coup de la crise, la durée moyenne du travail a baissé de plus de deux heures par semaine en 2020. L’économiste Michel Husson a fait un petit calcul de coin de table : si on maintenait la durée du travail à ce niveau tandis que l’activité repart, on pourrait créer jusqu’à 1,7 millions d’emplois. C’est un exercice théorique, mais il montre qu’il n’y a pas de fatalité à une reprise sans emplois.

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