Et ce alors que l’épidémie est de retour en Europe. Est-ce exagéré de dire que la Chine a tourné la page de cette épidémie ?

Il faut se rendre à l’évidence, il y a bien une exception chinoise dans cette crise du coronavirus.

Exception sanitaire en tout cas. Alors que l’Europe comme vous venez de le dire fait face à l’assaut d’une deuxième vague qui pousse plusieurs pays, dont la France, à la mise en place de couvre-feux, la Chine ne connaît pour l’heure aucun retour de l’épidémie. Ou presque en réalité. Six cas ont été détectés à Tsingtao il y a quelques jours, après des semaines sans aucune contamination.

Même si le doute s’est installé au printemps sur le nombre réel de victimes de l’épidémie –ce doute n’est pas levé aujourd’hui- il n’y a pas de contestations sur le fait que cet immense pays échappe pour l’heure au retour du virus. Du reste, et c’est un signe qui ne trompe pas : les usines tournent presque à plein régime, la consommation est forte et le tourisme a repris cet été.

Peut-on parler alors d’exception économique ?

Il est vrai que depuis des mois les signaux repassent au vert. Dès juillet, les industriels européens assuraient que leurs usines chinoises avaient pleinement redémarré, y compris dans la région de Wuhan.

Cette ville d’où le virus est parti a même annoncé une hausse du nombre de touristes locaux en septembre comparé à l’année 2019. Autre preuve du retour de la confiance, le net redémarrage des ventes automobiles. En septembre toujours, près de 2 millions de véhicules neufs ont été vendus dans tout le pays… soit autant que les ventes annuelles en France, et encore les bonnes années !

Faut-il pour autant parler d’exception économique ? En tout cas, la Chine va bien moins mal que les pays occidentaux. Dans le dernier rapport du FMI sur les perspectives de croissance mondiale, elle est le seul grand pays qui échappera à la récession cette année. L’institut international a même revu la hausse du PIB de l’empire du Milieu pour 2020. Le FMI parie sur une croissance de 1,9%, contre, rappelons-le, une contraction de la richesse annuelle produite de plus de 4% aux Etats-Unis, de 6% en Allemagne et près de 9% en France.

La Chine est-elle pour autant épargnée par la crise mondiale ?

Non ce n’est pas le cas, parce que le tonus de l’usine du monde est étroitement lié à la santé de ses clients. Or, L’Europe, l’Amérique, l’Afrique sont en crise et cela ce ressent à shanghai, Pékin, Wuhan ou ailleurs.

De façon plus structurelle, la Chine sera aussi touchée par la transformation de la mondialisation qui vise à rapprocher les usines des consommateurs pour réduire l’empreinte carbone, être plus réactif vis à vis des clients, être moins vulnérables aux aléas politiques et climatiques.

L’impact sera d’autant plus fort pour le géant asiatique que ce mouvement va s’accompagner d’une diversification des chaînes d’approvisionnement. Lorsque la Chine s’est fermée l’hiver dernier, de nombreuses entreprises se sont retrouvées bloquées car dépendantes de fournisseurs exclusivement chinois. Elles ne veulent plus revivre un tel scénario.

Face à ces évolutions, mais aussi à l’hostilité que le pays affronte sur la scène internationale, Pékin a engagé le basculement de son modèle de développement. Depuis quelques mois le pouvoir central parle d’économie de « double circulation », concept qui consiste à développer les exportations de produits plus haut de gamme et à miser sur une demande intérieure au potentiel considérable.

Un seule exemple Eric : en Chine on compte 130 voitures pour 1000 habitants contre 500 en Europe, et … 800 aux Etats-Unis. Tout est dit

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