Alors que l’interminable conflit sur la réforme des retraites s’essouffle mais continue de perturber les trains, les métros et maintenant les ports, voila qu'apparaît une autre réforme sociale, qui risque elle aussi de faire des remous.

On l’avait oublié mais le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron avait promis en 2017 – c’est en page 22 de son programme – la création de ce qu’il appelait alors un versement social unique. L’idée était de faire reculer la pauvreté en fusionnant toutes les allocations sociales en une. En début de quinquennat, l’Elysée et Matignon ont eu fort à faire avec la réforme du code du travail puis de l’assurance chômage. Et puis l’acte II du quinquennat a été plombé par la crise sociale à rallonge provoquée par la réforme des retraites reléguant au second plan ce nouveau grand chantier social. Malgré tout, le futur revenu universel d’activité prend peu à peu forme.

A quoi ressemblera ce revenu universel ?

Après la phase de concertation lancée en juin de l’année dernière et qui s’est achevée en décembre avec une grands consultation en ligne des citoyens intéressés par le sujet , on commence à y voir un peu plus clair sur ce dispositif qui  devrait faire l’objet d’un projet de loi en 2021 et d’un vote en 2022 pour une entrée en vigueur en 2023. La future prestation unique devrait remplacer, en les fusionnant et en les simplifiant, les minimas sociaux actuels. C’est-à-dire le RSA, la prime d’activité, les APL, l’allocation adulte handicapée…au total, une dizaine de prestations sont concernées dont bénéficient un Français sur dix et qui coute chaque année près de 60 milliards d’euros aux caisses de l’Etat.

A quoi cela sert-il de fusionner toutes ces allocations ?

Le but, c’est de simplifier le recours à ces aides sociales qui s’adressent aux publics les plus fragiles.  Aujourd’hui, c’est un maquis administratif. Résultat :  beaucoup de ceux qui y ont droit ne les demandent pas. Le taux de non recours atteint par exemple 30% pour le RSA. La nouvelle allocation devrait aussi étendue aux jeunes et le mode de calcul sera simplifiée. Enfin, elle s’adaptera en permanence à la situation des allocataires qui, en contrepartie, de ce revenu universel d’activité devront s’engager dans un parcours de retour vers l’emploi ou de réinsertion.

Le sujet risque-t-il comme pour la réforme des retraites de faire des mécontents et d’engendrer une nouvelle crispation sociale ?

On verra. Mais, déjà, des inquiétudes se sont exprimées. Si on fusionne toutes ces aides, est-ce que l’objectif n’est pas in fine de faire des économies sur le dos des plus précaires ? Le gouvernement jure que non mais il y a une méfiance. Le monde HLM s’inquiète de la fusion de la disparition des APL. Surtout, je le disais tout à l’heure mises bout à bout ces aides coûte 60 milliards par an. Leur financement est-il garanti et comment ? Et puis une allocation universelle, c’est sans doute très bien sur le papier mais, comme pour le système de retraite à points, l’exécutif va peut-être s’apercevoir qu’il y a une multitude de situations particulières avec une perte en ligne pour certains allocataires. C’est peut-être un dossier miné que le gouvernement a décidé d’ouvrir.

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