Les espaces de coworking ont beaucoup souffert pendant la crise sanitaire. Voilà qu’ils tiennent peut-être leur revanche à la faveur du déconfinement.

Ils s’appellent WeWork, Wojo, ou TheBureau. Ces lieux de travail partagé, comme on dit en bon français, ont servi de variable d’ajustement pendant le confinement. A présent, ils deviennent une solution. Avec la généralisation du télétravail, les entreprises sont en train de réinventer leur organisation. D’après une étude réalisée fin mai par BureauxLocaux, un patron sur deux envisage de réaménager ses bureaux et 60% d’entre eux espèrent faire des économies par la même occasion. La crise devrait en effet accélérer le déclin du bail traditionnel dit « 3-6-9 ». C’est un engagement trop lourd pour une entreprise, qui recherchent avant tout la flexibilité. Et c’est exactement ce que leur offre le coworking. En payant un service tout compris, qui intègre le ménage, les taxes foncières, le café, l’entreprise maîtrise totalement ses coûts. Le locataire n’a qu’à poser ses cartons. Autre avantage, ces espaces de travail proposent un service et un aménagement soignés avec une part importante accordée au design et au bien-être. 

La population de ces espaces est en train de changer

Il ne se résume plus à de grands open space remplis de startuppers en baskets. Le phénomène touche à présent les entreprises de toutes tailles, et beaucoup de grands groupes. La moitié des clients de WeWork, par exemple, sont des entreprises de plus de 500 salariés, qui prennent des étages ou des immeubles entiers. Et la révolution du télétravail pourrait aussi faire émerger de nouvelles organisations. Certaines se montrent très créatives avec des solutions intégrant des lieux satellites. C’est ce qu’envisage l’agence de publicité Australie. Son directeur, David Leclabart, a pris acte d’une double réalité : Certes le télétravail permet aux salariés d’économiser deux heures de transport par jour, mais les conditions de travail à domicile sont très inégales. Il veut donc proposer à chaque collaborateur trois lieux, au choix : leur domicile, un espace de coworking à proximité de chez eux – qui serait choisi parmi la trentaine de sites d’un opérateur – et le futur quartier général de l’agence.

Tout n’est pas forcément rose pour la filière du coworking

Un paramètre nouveau complique la donne : la Covid-19. Fini les open spaces pleins comme des œufs. Pour des raisons sanitaires et aussi, tout bonnement pour des raisons de confort au travail, le nombre de mètres carrés par salarié devrait mathématiquement augmenter.  Il est peu probable que l’on revienne à la situation d’avant. Or, les opérateurs de coworking ont loué de grands espaces, généralement en centre-ville, à des niveaux de prix très élevés. Pour qu’ils rentrent dans leurs frais et que leur modèle économique fonctionne, il fallait qu’ils remplissent au maximum leurs immeubles. En redonnant de l’air à leurs occupants, ils risquent fort de voir leurs marges partir en fumée. Eux aussi vont devoir se montrer créatifs.

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