Le vélo a le vent en poupe depuis quelques années et le déconfinement accélère le mouvement. La nouveauté, c’est le cycle « made in France »…

Le vélo a le vent en poupe - dans un magasin de velos en mai 2020. Ici, un mur comportant les outils nécessaires à l'entretien et à la réparation des vélos.
Le vélo a le vent en poupe - dans un magasin de velos en mai 2020. Ici, un mur comportant les outils nécessaires à l'entretien et à la réparation des vélos. © AFP / Thibaud Vaerman / Hans Lucas

Les gens ont pris l’habitude d’utiliser leur vélo pendant les grèves, les villes se sont adaptées très vite et le Covid pousse le public à éviter les transports en commun. A l’évidence, la bicyclette bénéficie d’un cocktail gagnant en cette période de déconfinement. Dans tous les magasins spécialisés ou des grandes chaînes d’articles de sport, le constat est le même : en permettant la distanciation physique, le vélo est devenu une solution de mobilité urbaine prioritaire.

Grosso modo, les ventes ont été multipliées par trois sur Internet ces deux derniers mois par rapport à la même période en 2019. 

Et depuis la réouverture des magasins, c’est l’émeute : sur certains modèles électriques, la tension est énorme et aucun réapprovisionnement n’est prévu avant juillet. La pandémie a provoqué une rupture de la chaîne logistique avec les usines chinoises où sont fabriquées bon nombre de ces machines.

C’est un boulevard pour le vélo made in France, de plus en plus populaire auprès des consommateurs

L’an dernier, 720 000 modèles ont été produits dans l’Hexagone sur les 2,6 millions de vélos vendus. Presque un vélo sur quatre. Ils viennent principalement de la Manufacture française du cycle, à Machecoul, en Loire Atlantique, sauvée de la faillite par Intersport en 2014. Elle a produit 430 000 vélos en 2019 et compte dépasser les 500 000 cette année. Et la tendance va s’accentuer…

De nouveaux acteurs entrent sur ce marché

On connaissait la marque pour ses autocuiseurs ou grille-pain. Dans les prochains jours, la maison fondée il y a plus de 150 ans va démarrer la production de vélos électriques dans son usine historique d’Is-sur-Tille, en Côte d’Or. Et pas n’importe quel vélo : ceux de la marque Angell, des cycles intelligents bourrés d’électronique et ultra-connectés, imaginés par l’entrepreneur Marc Simoncini, le fondateur de Meetic. Des bicyclettes à 2000 euros. Au départ, il pensait en vendre 1500 par an. Le groupe SEB, partenaire industriel exclusif et actionnaire d’Angell, devrait produire quelque 10000 vélos cette année et pourra monter la cadence à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires en année pleine. Ils concurrenceront une autre marque tricolore très haut de gamme : Moustache et ses machines à plus de 4000 euros. Plus de 200 vélos sortent actuellement de ses usines à Epinal.

Peut-on vraiment parler de vélo « made in France » ?

Le cycle 100 % fabriqué dans l’Hexagone n’existe pas encore. Dans le cas d’Angell, les freins, le moteur et la fourche viennent d’Asie. Il serait plus juste de parler de machine assemblée en France. Là où les Français font la différence, c’est sur la valeur ajoutée apportée à la machine. Dans le cas des cycles

Moustache ou Angell, il s’agit essentiellement de la partie logicielle, qui rend le vélo intelligent et aide son utilisateur à la navigation et la sécurisation de son engin. Visiblement le pari du haut de gamme en vaut la peine. Le prix moyen des vélos vendus en France ne cesse d’augmenter. Reste à gagner la prochaine bataille en imposant cette « french touch » à l’international.

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