En 2020, les tickets de caisses, qui encombrent nos poches ou nos portefeuilles à chaque fois que l’on fait ses courses, devraient disparaître pour les petits achats. Le sujet va être discuté à partir de ce lundi à l’Assemblée. Quel est l’objectif ?

Ticket de caisse
Ticket de caisse © Getty / PhotoAlto/James Hardy

Le sujet est plus sérieux qu’il n’y paraît. Ces millions de bouts de papiers que l’on jette souvent à la poubelle sans même y jeter un coup d’œil sont évidemment une source non négligeable de gaspillage. La députée qui s’est attaquée au problème, Patricia Mirrallès, élue LREM de l’Hérault, a fait ses comptes : en France, on édite chaque année, 12,5 milliards de tickets. Ça fait 400 tickets à la seconde - dit autrement, une boulangerie doit sortir 6 kilomètres de papier par an pour ces tickets de caisses, un tabac-presse 29 km et pour un hyper c’est 840 km de papier chaque année. Autre problème : les tickets de caisse contiendraient toujours du Bisphénol, un perturbateur endocrinien nocif notamment pour les femmes enceintes. 

Bref, bannir ces bouts de papier, ce serait à la fois lutter contre le gaspillage et une question de santé publique.

Que propose précisément l’amendement de cette députée ?

Elle a déposé un amendement au projet de loi sur l’économie circulaire. Amendement qui sera soumis ce lundi à la commission du développement durable de l’Assemblée et devrait être débattu dans l’hémicycle mi-décembre. Il s’agit, dans un premier temps, de supprimer à partir de septembre 2020 les tickets de caisse pour les petits achats inférieurs à 10 euros. En 2021, ce serait au tour des achats de moins de 20 € d’être concernés et en 2022 ceux de moins de 30 euros. La mesure a l’avantage de ne rien coûter et pourrait même faire économiser pas mal d’argent aux commerçants. 

Mais si les tickets de caisse disparaissent, comment faire pour, par exemple, vérifier qu’il n’y a pas eu d’erreur ?

D’abord, l’interdiction des tickets de caisse ne concernerait que les petits achats. Ensuite, les consommateurs qui souhaitent effectivement conserver le ticket pourraient toujours en faire la demande à la caisse. En fait, l’idée serait plutôt d’encourager les commerçants à demander à leurs clients s’ils veulent ou non un ticket, comme cela se fait déjà, explique Patricia Mirallès, au Danemark ou au Royaume Uni. 

Ajoutons qu’en France, on peut de plus en plus payer ses courses avec son smartphone. Dans ce cas, plus de tickets ! Et des enseignes, comme Leclerc, Uniqlo, Gap ou Décathlon vous proposent de vous envoyer le ticket de caisse par mail. Une façon habile d’ailleurs de récupérer votre adresse pour vous expédier ensuite de la pub.

Cette proposition a-t-elle une chance d’être adoptée ?

Oui, tout les chances ; elle pourrait même être étendue aux tickets de carte bleue. Patricia Mirallès a le soutien du gouvernement et du groupe La République en Marche, majoritaire à l'Assemblée. Le texte devrait donc franchir sans problème l'obstacle du débat parlementaire.

L'équipe
  • Marc LomazziRédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd’hui en France
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