Certains actionnaires veulent profiter de la prochaine assemblée générale, le 5 mai, pour prendre le pouvoir.

Les prochains jours vont être décisifs pour Arnaud Lagardère, le gérant du groupe. Il y a du western et du vaudeville dans cette histoire qui se déroulera le 5 mai lors d’une assemblée générale à huis-clos. Lagardère, aujourd’hui, c’est d’abord Hachette, champion français de l’édition mais c’est aussi un leader mondial dans le secteur du travel retail, les commerces que l’on trouve dans les gares et les aéroports. Et le groupe possède encore quelques belles marques dans les médias : JDD, Paris-Match ou Europe 1. Le tout représente un chiffre d’affaire approchant les 7,5 milliards d’euros. Et c’est sur ce petit empire que lorgne Amber Capital, un fonds d’investissement basé à Londres, dirigé par le Français Joseph Oughourlian. Il réclame le renouvellement quasi-complet du conseil de surveillance de Lagardère. Il propose de mettre à leur place quelques figures de la politique et du business européens comme l’ancien Premier ministre italien Enrico Letta ou Brigitte Tattinger. Et à la tête de ce conseil, il verrait bien Patrick Sayer, l’ancien patron de la société d’investissement Eurazeo.

Mais que reproche les responsables du fonds Amber à Lagardère ?

Curieusement, ils n’ont rien à redire sur la stratégie du groupe ni sur son positionnement. Ils critiquent essentiellement le manque de transparence sur la gouvernance Le fonds a demandé et obtenu en justice la publication des comptes de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère, qui préfère payer 2000 euros par jour plutôt que de s’exécuter. Selon le patron d’Amber Capital, l’ensemble de la machinerie est au service d’un seul actionnaire : Arnaud Lagardère qui possède un peu plus de 7% du capital et qui compte sur les dividendes pour rembourser sa dette personnelle colossale estimée entre 164 millions 200 millions d’euros.

Comment réagit le camp Lagardère ?

A coup de bottin mondain. Ils ont invité L’ex-Président Nicolas Sarkozy et l’ancien patron de la SNCF Guillaume Pepy à rejoindre le conseil de surveillance. Tout deux sont proches du Qatar, l’un des principaux actionnaires de Lagardère. Et tout récemment, deux VIP ont fait leur entrée au capital : Marc Ladreit Lacharrière, le patron de Fimalac et Vincent Bolloré, propriétaire de Vivendi. Les deux hommes d’affaires sont considérés comme des proches de la famille Lagardère. Officiellement, ils sont là sur le long terme. Mais personne ne peut prédire leurs intentions réelles.

Les putschistes d’Amber ont-ils des chances de réussir ?

C’est la question à 200 millions d’euros. Chaque camp tire ses dernières cartouches et tous les coups semblent permis, y compris l’intox et l’intimidation. Au milieu de la mêlée, il y a 30 000 collaborateurs qui espèrent que l’affaire ne se transformera pas en film d’horreur. Une chose est sûre : le jour d’après, le 6 mai, le groupe Lagardère ne sera définitivement plus le même.

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