Ce n’était plus arrivé depuis des années : deux Français ont affolé la bourse de New York la semaine dernière en y faisant coter leur société de logiciel baptisée Snowflake.

C’est l’introduction en bourse la plus importante de tous les temps pour une entreprise de logiciels.

C’est son cofondateur, Benoît Dageville, qui le dit. L’entreprise qu’il a créée en 2012 avec Thierry Cruasnes a frôlé les 70 milliards de dollars de valorisation. Une aventure complètement dingue qui a démarré dans un 2-pièces avec un grand tableau blanc « pour réfléchir ». 

Que fait Snowflake ?

Il met en place des entrepôts virtuels de données pour permettre à ses clients de réaliser de l’analyse rapide de ces montagnes d’informations. La force de nos deux Frenchies est d’avoir trouvé le moyen de centraliser toutes ces données éparpillées sur des serveurs partout dans le monde. Parmi ses 3000 clients, on trouve de grands noms du business comme Sony ou Axa. Avantage de la solution Snowflake comparée à ses concurrentes : elle est facile à utiliser, peu chère et très performante.

Le hic, c’est que cette société n’est pas française

Nos deux génies de l’informatique ont bien été formés à l’université de Jussieu, à Paris, mais il se sont ensuite exilés dans la Silicon Valley, en Californie, où ils ont travaillé durant dix ans pour le groupe Oracle, un mastodonte de la Tech américaine. C’est là qu’ils ont eu l’idée de fonder leur start-up. La région de San Francisco est l’épicentre de l’innovation mondiale dans l’univers de nouvelles technologies. 

Snowflake aurait-il pu voir le jour en France plutôt que de l’autre côté de l’Atlantique ?

Quand on pose la question à Benoît Dageville, on sent une réelle amertume. Quand il est parti pour les Etats-Unis, en 1996, la Tech, en France, c’était un truc de techniciens, des gens qui réparaient les choses. Dans la Silicon Valley, les techniciens sont reconnus. Ce sont souvent des créateurs. Et je ne vous parle pas de l’image de l’entrepreneur, en France, il y a 25 ans : c’était un peintre en bâtiment ou Bernard Tapie… Beaucoup de nos talents ont franchi l’Atlantique ces dernières décennies.

Beaucoup de choses se sont améliorées. D’abord la start-up est devenue à la mode et beaucoup de jeunes diplômés rêvent de se lancer dans l’aventure plutôt que d’entrer dans un grand groupe du luxe ou de l’agroalimentaire. Ils acceptent de prendre des risques. Et surtout, ils trouvent les financements pour monter leur projet. C’est le nerf de la guerre. 

Cette semaine, la jeune société Mirakl est parvenue à lever 300 millions de dollars, notamment auprès du fonds britannique Permira. C’est la plus importante opération de ce type jamais réalisée par une start-up française. Elle a été fondée il y a 8 ans. Son secret : aider les commerçants à fonder leur place de marché sur Internet. Ses clients s’appellent Toyota, Walmart ou Accor. Elle n’a pas vraiment de concurrent. Elle veut se développer en Asie et tripler son effectif à 1000 salariés. Le tout en restant à Paris.

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