Deux mille milliards de dollars, c’est l’équivalent du PIB de l’Italie. Et rien ne semble pouvoir freiner la progression de la firme californienne. Cette hyperpuissance inquiète de plus en plus.

Apple vient de franchir la barre des 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière
Apple vient de franchir la barre des 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière © AFP / Josh Edelson

C’est vrai, depuis quelques temps, ses iPhone se vendent un peu moins bien, mais l’essentiel de la croissance du groupe vient désormais des revenus qu’il tire se son magasin d’applications, son fameux App Store, fréquenté par un bon milliard de consommateurs, qui y ont dépensé plus de 500 milliards de dollars l’an dernier. 

Et c’est le fonctionnement de cet App Store qui irrite de plus en plus des deux côtés de l’Atlantique. La plupart des deux millions d’applications proposées sur l’iPhone ou l’iPad sont gratuites, mais environ 20% génèrent un chiffre d’affaires sur lequel Apple prélève une commission de 30%. Le système est immuable depuis le lancement de l’iPhone, il y a une douzaine d’années. Et le groupe justifie cette taxe en expliquant que son App Store est un lieu sûr où le consommateur se sent en confiance.

Mais les éditeurs d’applications commencent à se rebeller…

Jusqu’à présent, personne n’osait se fâcher avec le tout puissant Apple, mais au cœur de l’été le groupe a dû engager une partie de bras de fer avec l’éditeur Epic Games, l’inventeur de Fortnite, un jeu en ligne qui rassemble plus de 350 millions de fans. 

Selon Apple, Epic Games est coupable d’un crime de lèse majesté : avoir incité ses joueurs à faire leurs achats sur son site web plutôt que dans l’App Store pour échapper aux 30% de commission. La sanction n’a pas tardé à tomber : Fortnite a été éjecté du magasin d’applis. L’éditeur a porté plainte, mais, cette semaine, un tribunal américain a jugé qu’Apple était dans son bon droit.

Mais l’histoire n’est pas terminée pour autant…

Non, car d’autres poids lourds s’insurgent eux aussi contre cette taxe Apple. La Commission européenne a ouvert une enquête en juin dernier après la plainte de la plateforme de streaming musical Spotify. Comme vous l’imaginez, rares sont les éditeurs d’applications à dégager une marge supérieure à 30%, et la commission Apple est le plus souvent répercutée sur le consommateur. C’est ce qu’avait fait Spotify en 2014, passant son abonnement mensuel de 10 à 13 dollars, jusqu’à ce qu’Apple lance son propre service de musique à 10 dollars. La ficelle était un peu grosse. 

Pour éviter d’être sanctionné par les autorités antitrust, la marque à la pomme avait laisser discrètement Spotify recruter ses abonnés hors de l’App Store. La Commission mène l’enquête. Et les protestations se multiplient. 

Facebook a ajouté son grain de sel en demandant à être dispensé des 30% de taxe sur certains de ses services. Et plus récemment la Digital Content Next, une association qui regroupe les géants des contenus numériques comme Disney ou le New York Times, a également protesté publiquement. 

A tous ces mécontents, Apple renvoie le même message : la porte est large.

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