Xiaomi, c’est la marque chinoise qui monte dans l’univers de l’électronique et des télécoms. Gilles Fontaine, de l'hebdomadaire Challenge, a rencontré son dirigeant de passage à Paris.

L'entrepreneur milliardaire chinois Hong Feng, co-fondateur de Xiaomi Inc et PDG de Xiaomi Finance, prononce un discours lors de la conférence des développeurs de Xiaomi à Pékin, le 19 novembre 2019.
L'entrepreneur milliardaire chinois Hong Feng, co-fondateur de Xiaomi Inc et PDG de Xiaomi Finance, prononce un discours lors de la conférence des développeurs de Xiaomi à Pékin, le 19 novembre 2019. © AFP / Niu Bo / Imaginechina

Les Français ont découvert récemment ces smartphones au rapport qualité prix imbattable. Le chinois est numéro quatre dans l’Hexagone. Mais Xiaomi, qui signifie « petit grain de riz en mandarin », c’est aussi des trottinettes électriques, des téléviseurs, des valises ou des montres connectées. Et nous avons donc rencontré Shou Zi Chew, son président international, la semaine dernière – et sans masque. Aucun risque de contamination, nous assure-t-il. Son arrivée en Europe date de plusieurs semaines et il ne montre aucun symptôme du Coronavirus. Il est en pleine forme Shou Zi Chew. On distingue une vague inquiétude dans son regard à l’évocation des fermetures prolongée des usines chinoises où son fabriqués ses produits. La situation prendra du temps pour revenir à la normale, certes, mais il compte sur ses stocks et ses fournisseurs localisés hors de Chine pour que ses smartphones restent disponibles. Et surtout son tout son dernier né, le Mi10 qui est actuellement lancé dans 90 pays.

La croissance de ce géant chinois est impressionnante.

Xiaomi a été fondé il y a seulement dix ans, dans les environs de Pékin, et son chiffre d’affaires dépasse déjà les 30 milliards de dollars, dont la moitié hors de Chine. A la différence d’autres groupes chinois, il est parti très vite à l’international. Comme le résume Shou Zi Chew : bien sûr, le marché chinois est important avec 1,4 milliard de consommateurs, mais il y a plus de monde à l’étranger. Le groupe étend son empreinte à très grande vitesse. Au départ, il distribuait ses produits exclusivement sur Internet. Mais depuis deux ans il accélère le développement de ses magasins en dur, notamment en France : six boutiques ont été ouvertes en région parisienne. D’autres sont prévues à Lyon et Marseille.

De quoi faire de l’ombre à l’autre grand groupe chinois du secteur : Huawei.

Au cours des derniers mois, il a logiquement profité des déboires de son grand rival, pénalisé par les sanctions américaines et des accusations d’espionnage, au profit de Pékin. Mais Huawei est loin de s’avouer vaincu : ses ventes ont encore progressé au dernier trimestre et il annonce même le lancement, fin mars, d’un nouveau téléphone très haut de gamme : 2 600 euros. Chez Xiaomi, c’est tout l’inverse. Shou zi chou fait profil bas. Pour lui, la seule façon de réussir en France sur le long terme est de devenir une entreprise française. Penser, réfléchir, travailler, investir comme un français. De l’art de grandir en se faisant tout petit – comme un grain de riz.

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