Et oui, en ce moment le carton… cartonne !

Je vais prendre un exemple, celui de DS Smith. Vous n’en avez certainement jamais entendu parler et pourtant, c’est le leader de la fabrication de cartons en France, avec 4000 salariés sur 30 sites de production. En 2020, l’entreprise a vu bondir son activité de 17%, et même de 20% à Noël. Pourquoi ?  Parce que le e-commerce a très bien marché l’an dernier. On sait que les plateformes grignotent naturellement des parts de marché d’année en année. Mais surtout, avec la fermeture des boutiques pendant les deux confinements, les Français n’ont pas eu d’autre choix que de passer par Internet pour consommer. Et qui dit e-commerce, dit, forcément, emballage. 

Faut-il pour autant craindre une pénurie, voire une hausse des prix qui serait répercutée sur les consommateurs ? 

A priori non. D’abord, parce que le carton peut se recycler encore et encore, jusqu’à neuf fois de suite avec la même qualité. Et en France, on a la chance d’avoir une filière de tri plutôt efficace. Ensuite parce que les distributeurs prennent le sujet du gaspillage à bras-le-corps. Le plus en pointe, c’est certainement CDiscount : l’entreprise a développé des machines qui permettent de réaliser des emballages sur mesure. 85% de ses colis sont ainsi expédiés sans vide à l’intérieur.

Mais pourra-t-on se passer demain de carton pour livrer les objets commandés sur Internet?

On peut tout à fait l’imaginer, car même dans l’emballage, des startup rivalisent d’ingéniosité. Hipli vient de développer un colis pliable, réutilisable jusqu’à 100 fois, qu’on peut renvoyer par la Poste. Living Packet, installée près de Nantes, a conçu de son côté une caisse en plastique connectée, qui vient d’ailleurs de recevoir un prix au CES de Las Vegas. Le nom de cette caisse? Tout simplement « the box », boîte en anglais. Ce petit bijou technologique est protégé par 36 brevets internationaux. C’est un peu l’emballage du futur : pas de carton donc, mais aussi pas de rembourrage ou papier bulle, ni de ruban adhésif ou d’étiquette. Cette caisse, réutilisable à l’infini, est munie d’un écran, d’une caméra, de capteur de choc ou d’humidité, d’un verrou qui permettent à l’expéditeur, comme au client, de surveiller le colis pendant tout son périple. Bon, il y a quand même un bémol : son poids. Elle pèse près de 3kg.  Mais preuve que cette innovation intéresse les grandes enseignes, Boulanger a décidé de mener un test dans cinq de ses magasins parisiens. Les clients intéressés pourront se faire livrer leurs produits électroniques grâce à The Box, qu’ils renverront ensuite ou déposeront dans un point de collecte près de chez eux.

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