En France, on franchit en ce moment-même une nouvelle étape dans la lutte contre les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes puisque les entreprises avaient jusqu’au 1er septembre pour faire un état des lieux précis de la situation.

Bientôt des avancées pour réduire les inégalités salariales ?
Bientôt des avancées pour réduire les inégalités salariales ? © Getty / Caiaimage/Adam Gault

Souvenez-vous, c’était au tout début de son quinquennat. Le 25 novembre 2017, Emmanuel Macron déclarait l’égalité Femmes-Hommes « grande cause nationale ». Il s’agissait de lutter contre les violences sexuelles et sexistes mais aussi contre les inégalités de salaires. Car la France est clairement à la traîne sur ce sujet.

Dans le classement du Forum économique mondial, sur 144 pays, on se retrouve à la 129e place, au même niveau que le Pérou ou la Mauritanie. Deux chiffres : chez nous, l’écart de salaires est globalement de 15% à l’avantage des hommes et entre et de 9% à travail égal. Alors, c’est vrai, on franchit, une étape ce 1er septembre dans le long combat contre cette inégalité. Mais il ne faut pas s’attendre à une révolution même si pas moins de trois ministres, Muriel Pénicaud, Agnès Buzyn et Marlène Schiappa se démènent pour faire avancer la « grande cause nationale » du Président.

Le 1er septembre, toutes les entreprises de plus de 250 salariés devront avoir publié leur index de l’égalité Femmes-Hommes. 

Concrètement, depuis le vote en septembre 2018 de la loi « Avenir professionnel », les entreprises ont l’obligation d’établir un « index » qui, sur la base de plusieurs indicateurs, mesure l’écart de rémunération dans l’entreprise par tranche d’âge et par catégories de postes. Tout ça donne une note sur 100 qui, en principe, doit être publiée sur le site internet de l’entreprise. Celles de plus de 1000 salariés avaient jusqu’au 1er mars pour communiquer leur index, le 1er septembre c’est au tour donc des entreprises de 250 à 1000 salariés et celles comprises entre 50 et 250 salariés ont jusqu’au 1er janvier 2020.

Qu’est-ce ça change concrètement ?

En principe, on a avec ce fameux index une photographie précise des écarts de rémunérations. Et les entreprises qui obtiennent moins de 75 sur 100 – c’est assez ambitieux puisque ça correspond à une note de 15 sur 20 minimum – ont trois ans pour corriger le tir. Sinon, elles s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à 1% de leur masse salariale. Imaginons une entreprise de 100 salariés payés au Smic, cela ferait 18.000 € d’amende. 

Ce dispositif est-il en mesure de résorber les inégalités de salaires d’ici à 2022 ?

Franchement, j’en doute. D’abord, les PME de moins de 50 salariés en sont exclues. Ensuite, on ne dispose pas de chiffres précis mais une part très importante des entreprises de plus de 50 salariés ne sont pas dans les clous.  Et, parmi les très grandes entreprises, ce n’est pas très brillant non plus. France Inter avait révélé que Thalès, Bolloré, ArcelorMittal ou Fnac Darty figuraient sous la barre des 75 points. Autre inconnue, je ne suis pas sûr que l’inspection du travail ait les moyens de contrôler la mise en oeuvre des mesures de correction promises par les entreprises. Enfin, pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron, avait promis de mettre en place le « name and shame », vous savez « nommer et faire honte ». En clair, rendre public le nom des entreprises qui ne respectent pas loi. Marlène Schiappa y était très favorable mais, visiblement, la promesse est tombée aux oubliettes.

L'équipe
  • Marc LomazziRédacteur en chef adjoint au Parisien Aujourd’hui en France
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