L’application Doctolib connait un succès fulgurant qui s’est accéléré pendant la pandémie. Mais l’entreprise se retrouve au cœur d’une polémique sur des fuites de données de ses utilisateurs.

Stanislas Niox-Château, fondateur de Doctolib à Chamonix, France le 27 septembre 2019.
Stanislas Niox-Château, fondateur de Doctolib à Chamonix, France le 27 septembre 2019. © AFP / VALENTIN FLAURAUD / CHAM

Doctolib c’est cette appli qui permet de prendre rendez-vous en ligne avec son médecin. Elle est présente en France, mais aussi en Allemagne, et c’est là qu’a éclaté la polémique, il y a quelques jours. Un média spécialisé a révélé que les données d’utilisateurs étaient transmises à différents acteurs, dont Facebook. Les informations partagées concernaient les recherches des utilisateurs, telle que la spécialité de médecine, ou la localisation de l'appareil. 

L’entreprise s’est immédiatement expliquée, par la voix de son patron, Stanislas Niox-Chateau : en fait, Doctolib voulait mesurer l’efficacité de ses campagnes de communication. Mais le partage de données a immédiatement cessé et Facebook a été prié d’effacer ces informations. Pas sûre que la demande soit suivie d’effet.  

Le fondateur de Doctolib n’en est pas à sa première escarmouche. Il est régulièrement critiqué pour son modèle de stockage de données de santé dans le cloud. Il crie au procès d’intention et pointe le fort corporatisme contre lequel il doit constamment lutter. Il n’a pas complètement tort de se plaindre…

Mais que faut-il penser du personnage ? Docteur Jekyll ou Mr Hyde ?

La personnalité est complexe. En tout cas il parvient à charmer tous ceux qu’il rencontre, politique ou homme d’affaires. Parmi ceux-là, Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de Priceminister, qui finance aujourd’hui de nombreuses start-up, dont Doctolib. Au bout de cinq minutes de discussion, il savait qu’il allait investir. Enorme bosseur, Stan connaissait tous les chiffres du secteur médical par cœur, il avait réponse à tout. Le projet : diviser par quatre le temps d’accès aux soins.

L’histoire démarre à Paris, où il est né à Paris, il y a 34 ans, dans une famille de profs. Gamin, il se passionne pour le tennis. Il est sextuple champion junior de Paris, il remporte l’Open international à l’âge de 12 ans, en 1999. Mais une blessure au dos révèle met fin à son premier rêve… Il se rabat sur les études, il a toujours été bon élève, mais il n’a jamais levé la main pour participer en classe, coincé par son bégaiement. Ca ne l’a pas empêché de faire HEC puis de travailler dans un fonds d’investissement dans les start-up. Et c’est là que lui est venue l’idée de Doctolib.

Et quels sont ses projets ?

Son gros challenge actuel c’est le recrutement. L’entreprise compte 1700 collaborateurs. Elle a embauché plus de 700 consultants ou ingénieurs. Il recherche encore 150 personnes et il n’hésite pas à faire le show pour motiver ses équipes. Il semble avoir dompté son problème de bégaiement. Il veut construire une boîte bienveillante où on écoute les gens. Une organisation flexible où le télétravail est la norme. Et quand on évoque sa fortune, estimée par Challenges à 500 millions d’euros, le Dr Jeckyll parle de la fondation qu’il rêve de créer avec sa femme, pour l’éducation et la santé des enfants.

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