Oui on est en plein milieu des soldes d’hiver, moyen privilégié par les marques vous le savez pour écouler leurs stocks… Qui sont bien fournis, puisque 2,88 milliards de vêtements étaient sur le marché en France en 2019, ça fait 42 pièces par habitant !!

Le devenir des invendus textiles
Le devenir des invendus textiles © Getty / Michel Tripepi / EyeEm

Production qui ne cesse d’augmenter alors que tous ces vêtements ne trouvent pas toujours preneur. La filière avance un total de 5% d’invendus maximum. Et ma calculette est formelle Nicolas : au moins 140 millions de vêtements restent donc sur les bras de ces enseignes en France. Et c’est bien dommage, quand on sait à quel point l’industrie textile est polluante, cinquième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre je le rappelle.

Que font alors ces marques de tous ces vêtements ?

Plusieurs options, à l’issue des soldes : le surplus part en « outlet », leurs magasins de déstockage. Mais tout n’est pas écoulé là non plus… Donc on passe éventuellement au don aux associations… OU… à la vente au poids à des dégriffeurs, des « soldeurs » ; c’est ainsi qu’une partie de ces vêtements se retrouve beaucoup en Afrique, d’après le collectif Ethique sur l’étiquette. 

Et puis il y a l’option destruction... 

Alors les fabricants jurent presque tous n’y avoir jamais recours, ou seulement en cas de force majeure – si le vêtement est absolument irrécupérable – mais des images ces dernières années de H&M, Burberry, Celio ou Go Sport, ayant brûlé ou lacéré des tonnes d’articles en France ou en Europe, sont venues les contredire et ternir largement leur image auprès du public. Ils se sont engagés à ne plus le faire, et une loi, française, dont le décret vient d’être publié, a pour ambition d’interdire totalement cette pratique dès le début 2022. 

Que prévoit-elle exactement ?

De privilégier le « réemploi, la réutilisation ou le recyclage des invendus textiles », mais, je cite, « sous réserve que cela soit techniquement possible »… Autrement dit, il n’est pas écrit noir sur blanc que la destruction, aussi marginale soit-elle, est interdite et le don obligatoire, par exemple… L’enjeu principal de toute façon pour nombre d'associations c’est d’imposer une baisse de la production, couper le robinet. 

En plus, le recyclage est quasi impossible aujourd’hui vu la piètre qualité des fibres que contiennent les vêtements issus de la « fast fashion », ceux qui inondent le marché, pleins de polyester. Les marques reconnaissent que la marge de progression est grande, mais assurent être mobilisées notamment pour réajuster les stocks... Ca reste à prouver … Sachez en tout cas que 70% de notre garde-robe ne sort jamais de notre placard. Faudrait donc peut-être revoir nous aussi à la maison notre propre gestion des stocks ! 

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