La chronique environnement avec ce matin une plante magique ou presque !

cotonéaster de Franchet
cotonéaster de Franchet © AFP

Dites aussi bonjour au cotonéaster franchetti, ou cotonéaster de Franchet, « bel arbuste arrondi, souple et gracieux aux longs rameaux arqués » décrit poétiquement l’un des nombreux sites internet de botanique… Arbuste originaire de Chine avec de petites baies rouges orangées, très répandu en fait vous en avez forcément croisé… Arbuste qu’une équipe de scientifiques vient de qualifier de « super plante », ou plutôt « super plant » puisqu’il s’agit dear Nicolas de la Société Royale Horticole au Royaume-Uni : elle a étudié les pouvoirs du cotonéaster contre la pollution, et c’est assez bluffant.

Comment une plante peut-elle lutter contre la pollution ?

En l’absorbant ! Je parle de la pollution de l’air, à l’origine d’1 décès sur 5 dans le monde d’après une étude d’Harvard publiée il y a quelques jours, presque 9 millions de morts en 2018, dont 100.000 en France… Pollution générée par la combustion des énergies fossiles et le trafic routier en particulier, qui émet vous le savez de nombreuses particules fines. Cette plante sait les emprisonner, grâce à ses nombreuses et denses petites feuilles robustes et toutes velues : elles interceptent, capturent les particules émises, un peu comme une éponge. Les chercheurs ont comparé différents types de buissons le longs de grands axes - il y avait aussi de l’aubépine, des haies d’if, de cèdre, des troènes… et observé ce qui se passait. Résultat : le cotonéaster franchetti est 20% plus efficace que les autres. 1 mètre de haie absorbe en 9 jours ce qu’émet une voiture sur 800 km !! Sans souffrir, en plus : le docteur Tijana Blanusa auteure principale de l’étude m’a expliqué que ça ne posait aucun problème à la plante car les feuilles sont régulièrement lavées des particules par la pluie de notre climat tempéré d’Europe de l’ouest. Surface régénérée et prête donc à recevoir son lot et son flot incessant de métaux lourds, plutôt qu’ils ne se baladent dans l’air avant d’atterrir dans nos organismes.

Donc ça peut être envisagé comme une solution sérieuse ?

Une façon de freiner en tout cas les effets de la pollution de l’air. Mais la plante ne résoudra évidemment pas le fléau à sa racine. Cela dit, les chercheurs affirment qu’adapter les plantations dans les espaces verts pourrait vraiment faire une grosse différence, et s’inscrivent dans les nombreuses recherches partout dans le monde sur les qualités propres des plantes afin de lutter contre la pollution (on a parlé récemment de la posidonie en Méditerranée capable « d’expulser » de la mer les matières plastiques), mais aussi lutter contre les canicules ou les inondations. En plus tout ce vert sert aussi d’habitat à d’autres espèces. De quoi vraiment profiter de tous les pouvoirs de ces « super plants ».

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