La chronique environnement avec les tiques de nos jardins ce matin !

C'est dans les jardins que la moitié des personnes mordues l’an dernier par des tiques les ont attrapées.
C'est dans les jardins que la moitié des personnes mordues l’an dernier par des tiques les ont attrapées. © Getty

De nos jardins, oui, c’est là que la moitié des personnes mordues l’an dernier les ont attrapées. Ixodes Ricinus, charmante bestiole de quelques millimètres à peine, assoiffée de sang, c’est une chasseuse, prête à bondir avec ses 4 paires de pattes en sentant l’odeur ou les vibrations de sa proie. Et elle ne vit donc pas que dans les herbes hautes des prairies ou en forêt, mais sous nos fenêtres aussi, ou dans les parcs municipaux en centre ville. Avec pour nous autres humains, le risque de la maladie de Lyme, du nom de la petite ville du Connecticut où elle fut découverte en 1975. Ca s’appelle officiellement la borréliose, borrélia étant la bactérie transmise, avec des effets possibles sur nos muscles, nos articulations, notre cerveau. Et une forme chronique… qui fait débat. La tique est en tout cas le 2ème vecteur de maladies au monde après le moustique, et il y a en a de plus en plus à cause du réchauffement climatique, les hivers moins froids ne favorisant pas leur élimination, puisqu’elles aiment la chaleur et l’humidité !

Est-ce qu’on peut limiter le risque ?

Oui trois idées à retenir : en balade, ce n'est pas très classe, mais on porte les chaussettes par-dessus un pantalon, clair, le pantalon, pour repérer les indésirables. En pique-nique ou sieste bucolique on met un paréo sur l'herbe. Et, 3ème idée, on peut aménager son jardin, j’ai trouvé un article très détaillé sur le site The Conversation, signé Jean-François Cosson spécialiste de l’écologie des maladies infectieuses à l’institut national de recherche agronomique. Les tiques ont besoin d’humidité, et d’ombre pour vivre, donc première mesure : plein-soleil. On dégage au maximum certaines zones, que l’on va fréquenter bien sûr, en coupant l’herbe, aucun tas de feuille qui traine, loin d'une haie ou d'un massif, et on arrose au minimum en laissant bien sécher. Si vous habitez en lisère de forêt, zone tampon s’il vous plait : une bande d’1 mètre de large avec un peu de gravier si possible. Les tiques n’auront nulle part où s’accrocher pour ensuite venir vous mordre le mollet. Mais attention à l’effet cheval de Troie ! Les coquines peuvent vous envahir planquées dans les poils du chien ou du chat, qu’il faut donc surveiller et brosser régulièrement. Et si votre Fort Knox maison n’est pas suffisant, il reste l’arme ultime : la poule ou la pintade, redoutables dévoreuses de tiques ! 

Mais si malgré tout on est mordu que fait-on ?

Surtout on ne tire pas comme une brute, au risque de laisser la tête dans votre peau. On oublie aussi les vieilles recettes de grand-mère à base d’huile ou d’éther ressuscité des placards. Non. On la fait tourner en la tenant fermement, avec une pince spéciale (5 euros en pharmacie), ou même avec les doigts, jusqu’à ce qu’elle se décroche, et on désinfecte. Guettez une éventuelle marque rouge en forme de cercle dans les jours qui suivent, premier signe de la maladie (dans ce cas c’est médecin direct). Sinon tout va bien, vous pouvez communiquer le lieu du crime sur l’application “Signalement tique”, et même envoyer la bête mise hors d’état de nuire par courrier aux chercheurs qui seront ravis de l’étudier dans leur laboratoire !

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