Quinze éléphants se baladaient sur une route d’une lointaine contrée. Nous sommes en Chine dans la province du Yunnan au sud-ouest, celle qui jouxte le Laos et la Birmanie, et un troupeau provoque une belle agitation puisqu’il traverse villes, villages et autoroutes !

En Chine, quinze éléphants se baladaient sur une route d’une lointaine contrée, dans la province du Yunnan au sud-ouest,
En Chine, quinze éléphants se baladaient sur une route d’une lointaine contrée, dans la province du Yunnan au sud-ouest, © AFP / HU CHAO / XINHUA

Et, hier, il n'était plus qu’à 20km de la capitale de la province, et de ses 7 millions d’habitants, ça fait du monde !

Mais d’où viennent-ils ?

Alors le groupe, composé de 6 femelles, 3 mâles, 3 jeunes et 3 bébés, a quitté la réserve dans laquelle il vivait à la mi-avril, en mettant cap au nord, et détruisant à peu près tout sur son passage

Les éléphants auraient saccagé 56 hectares de cultures, vidé des réservoirs d’eau, mais pas de dégâts humains heureusement. Il faut dire que tout le monde a pour ordre de rester cloitré quand les pachydermes sont à proximité, suivis à la trace par 9 drones, 76 voitures et 350 personnes, qui tentent de les canaliser avec de la nourriture, et de les faire dévier, avec des camions en travers de la route

Autant vous dire que c’est coton. Mais les éléphants d’Asie sont protégés donc on n’y touche évidemment pas. Les images sont impressionnantes : on les voit déambuler dans des rues désertes à côté des voitures garées à la va-vite.  

Est-ce qu’on sait pourquoi ils se promènent comme ça ?

Non ! D’ailleurs la balade est un périple puisqu’ils en sont à 500km. Certains spécialistes chinois avancent une possible erreur du leader qui aurait tout simplement paumé tout le groupe ! Mais il existe une autre explication très probable, en tout cas déjà vue avec d’autres éléphants et animaux sauvages : se rapprocher des villes pour se nourrir. Les habitats se réduisent, et les denrées deviennent parfois rares

La ville se transforme donc en garde-manger garni. Pas une semaine ou presque sans qu'on entende parler par exemple d’un kangourou venu brouter l’herbe d’une cour d’école à Canberra. D’ours noirs, qui au Japon n’ont plus assez de glands dans les montagnes et s’aventurent donc dans les zones peuplées, d’ours blancs, qui sèment la panique dans des villages russes où ils sont venus chercher de quoi manger pendant que la banquise fond. 

Une "énorme inversion" pour la philosophe Joelle Zask : "le verdissement des villes se fait au détriment des campagnes", dit-elle, en imaginant dans son livre Zoocities de nouvelles villes, des cités, pensées comme une arche de Noé qui permettraient une coexistence avec les autres espèces. Une sorte de Celestville, finalement... Mais pour l'instant Babar et sa clique continuent d'errer en Chine sans qu'on connaisse encore la fin de l'histoire. 

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