Oui laissez donc le tableau et son odeur de velleda, le bruit des chaises qui grincent et la lumière glauque des néons, venez plutôt patauger dans la gadoue, marcher sur l’herbe ou grelotter – parce que c’est aussi valable l’hiver – dans un espace vert.

Modèle très éloigné de notre conception de la scolarité en France qui commence pourtant à se développer sérieusement (il y a même une rubrique « enseigner dehors » sur le site du ministère de l’Education nationale), le déconfinement au printemps dernier a été un gros accélérateur. Mais ce n’est pas encore assez d’après 800 professeurs, médecins ou chercheurs qui signent une nouvelle tribune pour demander aux maires d’aider à sortir les enfants à l’extérieur de l’école : la pratique n’aurait que des bienfaits !

Lesquels ? 

Et bien au-delà du virus avec la limitation du risque de contagion, l’activité physique, la débrouillardise, le développement de la curiosité, de l’attention, et bien sûr, de la conscience environnementale, la connexion avec tout le vivant qui nous entoure… Un savoureux cocktail bien-être d’après les nombreuses études sur le sujet, qui démontrent comment explorer les éléments naturels est un moyen de faire le lien concret avec les connaissances des livres, et ce quel que soit l’âge des élèves. Des maths avec des cailloux ou des brindilles, ou même de la physique, tiens, en sautant dans une flaque. L’extérieur est un formidable terrain d’apprentissage, une enseignante des Deux Sèvres, département précurseur en la matière, me racontait hier cette bien mignonne anecdote : un petit de 6 ans expliquant à une autre de 4 qu’il ne faut pas cueillir les fleurs à proximité des ruchers car les abeilles en ont besoin. Ou d’autres repérant désormais le champignon le microscopique qui soit… La transmission se fait entre élèves et c’est un vrai tour de force.

Mais s’il n’y a pas de parc, de prairie ou de forêt près de l’école comment on fait ?

Il y a toujours quelque chose, même en plein centre-ville vous répondrons les adeptes, pas besoin d’une végétation luxuriante… La seule vraie condition c’est d’y aller régulièrement, au moins une demi-journée par semaine, comme un rituel… Même avec la pluie ou le froid qui ne dérangent pas les enfants, à condition d'être bien équipés… D’ailleurs l’école dehors vient... du Danemark qui n’a rien trouvé de mieux dans les années 50 pour faire face aux établissements bondés après le baby boom. C’est même inscrit au programme officiel en Ecosse, donc la météo pourrie ils en connaissent un rayon, rassurez-vous. Et puis c’est le monde réel, celui du vivant, disent les signataires, l’école se doit d’y offrir un accès à ceux qui ne sortent jamais, encore moins en ce moment. 

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